Résumé de la décision
La décision concerne un pourvoi en cassation de M. A..., cadre supérieur kinésithérapeute à l'Assistance Publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP), qui conteste un arrêt de la cour administrative d'appel de Paris du 10 avril 2018 rejetant son appel contre un jugement du tribunal administratif de Paris. M. A... avait demandé l'annulation d'une décision de son employeur qui mettait fin à ses fonctions d'encadrement dans un service pour le repositionner à temps plein dans un autre service. La cour de cassation a annulé l'arrêt de la cour administrative d'appel, soulignant une irrégularité dans la procédure et condamnant l'AP-HP à verser 3 000 euros à M. A... au titre des frais juridiques.
Arguments pertinents
1. Inobservation de la procédure : La cour a annulé l'arrêt de la cour administrative d'appel en raison d'une méconnaissance de la portée de l'ordonnance de clôture. Il a été établi que l'ordonnance du 6 mars 2018 avait rouvert l'instruction sans fixer de nouvelle date de clôture, ce qui a conduit la cour à une mauvaise interprétation. Le mémoire de M. A... déposé le 23 mars 2018 était donc recevable, malgré les affirmations contraires de la cour.
> "la cour en a méconnu la portée et qu'en se bornant, par suite, à viser sans l'analyser le mémoire produit par M. A... le 23 mars 2018, au motif qu'il aurait été déposé postérieurement à la clôture de l'instruction, elle a entaché d'irrégularité la procédure suivie devant elle."
2. Droit à la défense : Le non-prise en compte d'un mémoire pertinent dans le cadre de l'instruction constitue une atteinte au droit à la défense. Cela justifie et renforce la demande d'annulation de l'arrêt.
Interprétations et citations légales
L'interprétation des articles du code de justice administrative a été cruciale pour la décision :
1. Code de justice administrative - Article R. 611-1 : Cet article stipule que les requêtes et mémoires doivent être déposés auprès du greffe et précise les règles de communication. L'analyse de cet article a conduit à concevoir les obligations des juges quant à la gestion des pièces communiquées dans les délais impartis.
2. Code de justice administrative - Article R. 613-2 : Cet article précise que, en l'absence d'une ordonnance de clôture, l'instruction est close trois jours francs avant la date de l'audience. Cela a été fondamental pour déterminer que la cour a erroneusement fixé une date de clôture qui ne correspondait pas à la réalité des procédures en cours.
> "l'instruction est close trois jours francs avant la date de l'audience indiquée dans l'avis d'audience."
En conclusion, la décision de la cour de cassation montre une attachement à la rigueur procédurale ainsi qu'à la protection des droits fondamentaux des justiciables, confirmant ainsi que toute irrégularité procédurale majeure peut entraîner l'annulation des décisions rendues sur la base de telles violations.