Résumé de la décision
M. A... a été contrôlé pour alcoolémie le 2 janvier 2016, ce qui a entraîné la suspension de son permis de conduire par le préfet du Gard pour une durée de quatre mois, accompagnée d'une obligation de visite médicale. Suite à sa condamnation pénale, une commission médicale a déclaré M. A... inapte à la conduite, ce qui a conduit le préfet à suspendre la validité de toutes les catégories de ses permis. M. A... a contesté cette décision devant le tribunal administratif de Nîmes, qui l'a annulée le 8 juin 2017. Le ministre de l'intérieur s'est pourvu en cassation contre ce jugement.
La Cour a annulé la décision du tribunal administratif, concluant qu'il avait commis des erreurs de droit en se basant sur des éléments postérieurs à la décision contestée et en isolant les résultats des tests psychotechniques de l'évaluation médicale globale nécessaire à l'appréciation de l'aptitude à conduire.
Arguments pertinents
1. Erreurs de Droit : Le tribunal a fondé son annulation uniquement sur le test de carboxy-déficience transferrine (CDT) réalisé postérieurement à la décision, sans tenir compte des implications sur l'état d'aptitude à la date de cette décision. "En prenant en compte, pour annuler la décision attaquée, la circonstance que le test de CDT... révélait un taux inférieur au seuil... alors que cet examen postérieur... ne permettait pas de se prononcer sur la consommation d'alcool à la date de cette décision, le tribunal a entaché son jugement d'une erreur de droit".
2. Évaluation Médicale d'Ensemble : Les résultats des tests psychotechniques, bien qu'encourageants, ont été considérés isolément, alors qu'ils doivent faire partie d'une évaluation médicale globale. "En se fondant également, pour prononcer cette annulation, sur les seuls résultats des tests psychotechniques, alors qu'il résulte... que l'aptitude à conduire fait l'objet d'une appréciation médicale d'ensemble... le tribunal a commis une autre erreur de droit".
Interprétations et citations légales
La décision repose principalement sur l'application des dispositions du Code de la route concernant le contrôle médical de l'aptitude à conduire.
1. Contrôle Médical : Les modalités du contrôle médical sont stipulées dans le Code de la route - Article R. 226-1, qui précise que "Le contrôle médical de l'aptitude à la conduite consiste en une évaluation de l'aptitude physique, cognitive et sensorielle". Cet article met en évidence la nécessité d'une évaluation globale, remettant en question la validité d'une évaluation reposant uniquement sur des résultats isolés comme ceux des tests psychotechniques.
2. Suspension du Permis : Selon l'article R. 221-14 du même code, le préfet peut exiger une évaluation médicale "avant la restitution de son permis", particulièrement après une suspension liée à des infractions graves comme la conduite en état d'ivresse. Ce cadre législatif souligne l'importance d'une évaluation approfondie des capacités de conduite au-delà des simples tests psychotechniques.
Au total, la décision de la Cour souligne l'importance d'examiner de manière holistique les aptitudes à la conduite et de ne pas condamner une personne sur des éléments de preuve isolés, surtout lorsqu'il s'agit de prendre des décisions ayant des conséquences significatives sur la vie d'un individu.