Résumé de la décision
La société Institut national de podologie a demandé l'annulation de la décision du Conseil national de l'ordre des pédicures podologues qui a rejeté sa demande d'inscription sur la liste des diplômes reconnus d'un diplôme universitaire de podologie et biomécanique de l'appareil locomoteur délivré par l'université de Paris Est Créteil. Le Conseil national a justifié son refus par le manque d'intérêt novateur du diplôme en comparaison avec le diplôme d'État et par sa redondance avec le contenu des enseignements déjà dispensés. La requête a été rejetée par la décision du tribunal administratif.
Arguments pertinents
1. Absence d'intérêt novateur : Le Conseil national a jugé que le diplôme universitaire n'apportait pas un contenu novateur par rapport aux études existantes, ce qui a pesé dans sa décision.
- Citation : "la décision attaquée se fonde, d'une part, sur l'absence d' 'intérêt novateur' du diplôme universitaire en cause."
2. Redondance des enseignements : Une comparaison des programmes d'études a révélé que les contenus du diplôme universitaire étaient en grande partie similaires à ceux du diplôme d'État.
- Citation : "les enseignements dispensés pour l'obtention du diplôme universitaire sont très largement redondants avec ceux dispensés pour l'obtention du diplôme d'État."
3. Critères d'intérêt pour les professionnels et les patients : Le Conseil n'était pas tenu de publier ses critères au préalable et a agi dans le cadre de sa compétence en évaluation de l'intérêt des diplômes.
- Citation : "le Conseil national n'a pas méconnu les dispositions applicables ni excédé les limites de sa compétence."
4. Inapplicabilité du principe d'égalité : L'argument de la méconnaissance du principe d'égalité, basé sur la reconnaissance d'autres diplômes universitaires, a été rejeté comme manquant de précisions permettant d'en apprécier le fondement.
- Citation : "n'est pas assorti des précisions permettant d'en apprécier le bien fondé."
Interprétations et citations légales
1. Code de la santé publique - Article R.4322-71 : Ce texte limite les informations pouvant figurer sur les imprimés des pédicures-podologues, reconnaissant uniquement les diplômes et titres validés selon les règles en vigueur.
- Citation : "Les seules indications que le pédicure-podologue est autorisé à mentionner sur ses imprimés professionnels... sont : (...) / 2° Ses titres de formation ou autorisations enregistrés."
2. Code de la santé publique - Article R.4322-76 : Il stipule que l'usage de titres non reconnus est interdit, ce qui sous-tend la nécessité de reconnaissance formelle des diplômes par le Conseil national.
- Citation : "l'usage sans droit de la qualité de pédicure-podologue, de pédicure ou de podologue est interdit."
3. Décret n° 91-1008 du 2 octobre 1991 : Ce décret encadre les études et les diplômes relatifs à la profession, assurant que seule la formation conforme sera reconnue.
- En référence à sa mise à jour par l'arrêté du 5 juillet 2012, la comparaison entre les diplômes est primordiale dans l'évaluation des demandes de reconnaissance.
Cette décision a également soulevé des questions sur l'évaluation de nouvelles formations et leur impact sur la pratique professionnelle, un équilibre délicat entre l'innovation pédagogique et la cohérence des formations professionnelles dans le domaine de la santé.