Résumé de la décision
La décision porte sur l'annulation d'un arrêté préfectoral qui avait été contesté par Mme D... et d'autres parties. La cour administrative d'appel de Nantes avait jugé que l'arrêté avait été pris suite à une procédure irrégulière, en raison d'un vice affectant le déroulement de l'enquête publique. Cependant, le Conseil d'État a annulé cette décision, estimant que la cour n'a pas évalué si ce vice avait eu une influence sur la décision finale ou avait privé les intéressés d'une garantie. L'affaire a été renvoyée à la cour d'appel pour un nouvel examen.
Arguments pertinents
1. Absence d'erreur de droit : La cour de Nantes n'a pas commis d'erreur de droit en considérant que l'obligation de convocation des propriétaires pour la visite des lieux ne se limite pas à ceux ayant exprimé un souhait.
2. Conditions d'illégalité d'une procédure : Le Conseil d'État a rappelé que pour qu'un vice de procédure entache une décision d'illégalité, il doit démontrer qu'il a pu influencer la décision ou priver les intéressés d'une garantie : « ...un vice affectant le déroulement d'une enquête publique n'est de nature à entacher d'illégalité la décision prise que s'il ressort des pièces du dossier qu'il a été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de la décision prise... ».
Interprétations et citations légales
La décision s'appuie principalement sur des dispositions du Code de l'urbanisme :
- Code de l'urbanisme - Article L. 160-6 : Cet article établit une servitude de passage pour les propriétés riveraines du domaine public maritime et précise les conditions dans lesquelles le tracé de cette servitude peut être modifié ou suspendu.
- Code de l'urbanisme - Article R. 160-18 : Cet article évoque les modalités de l’enquête publique, notamment la possibilité pour le commissaire enquêteur de visiter les lieux et les obligations de convocation des propriétaires. Le Conseil d'État a indiqué que l'obligation de convocation n'est pas réservée aux propriétaires ayant expressément demandé une visite.
Par ailleurs, le Conseil d'État souligne que :
- Un vice de procédure ne suffit pas à entraîner l'illégalité d'un acte administratif sans montrer que cela a affecté le résultat ou l'information des intéressés : « ...il suit de là qu'en jugeant que l'arrêté préfectoral attaqué a été pris au terme d'une procédure irrégulière... sans rechercher si... le vice de procédure... avait été susceptible d'exercer une influence... la cour a commis une erreur de droit ».
Cette décision illustre l'importance de la rigueur procédurale dans les décisions administratives, tout en rappelant que les vices de procédure doivent être examinés au regard de leur impact sur la décision finale.