Résumé de la décision
La décision concerne un pourvoi en cassation de la société Carrières Leroux-Philippe contre un arrêt de la cour administrative d'appel de Nantes, qui a confirmé l'annulation par le tribunal administratif de Caen d'un arrêté préfectoral autorisant le renouvellement de l'exploitation d'une installation de stockage de déchets inertes sur le territoire de la commune de Brix. La Cour a annulé l'arrêt de la cour d'appel en raison d'une erreur de droit concernant l'application du plan local d'urbanisme et a renvoyé l'affaire devant la cour administrative d'appel de Nantes, tout en condamnant la commune de Brix à verser une somme de 3 000 euros à la société requérante.
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Arguments pertinents
1. Opposabilité du règlement du plan local d'urbanisme : La décision rappelle que, selon l'article L. 123-5 du code de l'urbanisme, le règlement d'un plan local d'urbanisme est opposable à toute personne publique ou privée pour l'exécution de tous travaux. En l'espèce, la cour a noté que l'installation de stockage entraînait un exhaussement des sols, ce qui la rendait soumise aux prescriptions du plan local d'urbanisme : "le règlement et ses documents graphiques sont opposables à toute personne publique ou privée" (Code de l'urbanisme - Article L. 123-5).
2. Interprétation restrictive du règlement d’urbanisme : La cour a relevé que la cour administrative d'appel avait commis une erreur en limitant l'interprétation des règlementations en ne considérant pas que l'installation de stockage, visant à remblayer une carrière, pouvait être envisagée dans le cadre de l'exploitation autorisée : "la cour a entrainé un exhaussement des sols et en a déduit à bon droit qu'elle était soumise aux prescriptions du plan local d'urbanisme".
3. Conséquences financières : En virtuel des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, la responsabilité financière de la commune de Brix a été engagée puisque l'autorité avait perdu en instance, malgré l'objet premier du litige ne relevant pas de la société requérante : "les dispositions de l'article L. 761-1 font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de la société Carrières Leroux-Philippe qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante."
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Interprétations et citations légales
- Code de l'urbanisme - Article L. 123-5 : Cet article établit l'opposabilité du règlement du PLU. Il n'autorise pas seulement des constructions sans tenir compte des règlements, mais impose une conformité stricte pour tous les travaux susceptibles d'affecter l'occupation du sol.
- Code de l'environnement - Article R. 541-70 : Cet article ne mentionne pas explicitement le respect du PLU comme motif de refus d'autorisation d'exploitation d'une installation, mais il est interprété dans le cadre plus large qui comprend la nécessité de respecter toutes les réglementations en vigueur, y compris celles du PLU, en raison de leur portée juridique. Cela souligne que même si un règlement spécifique ne mentionne pas explicitement certaines activités, celles-ci peuvent toujours être soumises aux conditions d'autres législations qui portent sur l'utilisation du territoire.
- Article L. 761-1 du Code de justice administrative : Cet article aborde la possibilité pour une partie perdante d'obtenir des frais de justice de la partie perdante, renforçant ainsi l'idée que la commune de Brix, en l'espèce, étant la partie qui a vu son recours rejeté, devait indemniser la société requérante.
Cette analyse apporte un éclairage sur l'importance d'une bonne application et interprétation des textes de loi dans le cadre des autorisations d'exploitation et sur les relations entre réglementation de l'urbanisme et législation relative à l'environnement.