Résumé de la décision
Dans cette affaire, il a été question de déterminer le point de départ du délai de vingt-quatre mois pour la remise en vigueur d'un plan d'occupation des sols suite à l'annulation d'un plan local d'urbanisme. La disposition applicable est issue de l'article L. 174-6 du code de l'urbanisme, modifié par la loi n° 2018-1021 du 23 novembre 2018. Il a été conclu que, malgré l'annulation ou la déclaration d'illégalité d'un document d'urbanisme intervenu avant l'entrée en vigueur de la loi, le délai de vingt-quatre mois commence à courir uniquement à partir de l'entrée en vigueur de la loi elle-même, c'est-à-dire le 25 novembre 2018.
Arguments pertinents
1. Applicabilité des dispositions : Les dispositions modifiées par la loi du 23 novembre 2018 sont immédiatement applicables et il n'y a pas de rétroactivité.
> "Les dispositions de l'article 34 de la loi du 23 novembre 2018 modifiant l'article L. 174-6 [...] sont entrées en vigueur le 25 novembre 2018."
2. Délai de vingt-quatre mois : Selon l'article L. 174-6, le délai de vingt-quatre mois commence à courir uniquement à partir de la date d'annulation ou de déclaration d'illégalité, mais seulement sous l'application des dispositions de la loi de 2018.
> "Il ne peut durant cette période faire l'objet d'aucune procédure d'évolution."
3. Non-rétroactivité : Le caractère non rétroactif des dispositions est renforcé par l'examen du texte de l'article, qui ne prévoit pas de dispositif permettant au délai de débuter avant l'entrée en vigueur de la loi.
> "le délai de vingt-quatre mois qu'il prévoit, qui est immédiatement applicable [...] ne commence à courir [...] qu'à la date de son entrée en vigueur."
Interprétations et citations légales
L'interprétation des dispositions de la loi du 23 novembre 2018 a été la clé de la décision. Quant à l'article L. 174-6 du code de l'urbanisme, il décrit le cadre juridique permettant de remettre en vigueur un plan d'occupation des sols après l'annulation d'un plan local d'urbanisme. Il précise que cette remise en vigueur est limitée dans le temps :
- Code de l'urbanisme - Article L. 174-6 :
> "L'annulation ou la déclaration d'illégalité d'un plan local d'urbanisme [...] ayant pour effet de remettre en application le document immédiatement antérieur [...] redevient applicable pour une durée de vingt-quatre mois à compter de la date de cette annulation ou de cette déclaration d'illégalité."
Ainsi, l’article L. 600-12 du code de l’urbanisme, mentionné dans le texte, renforce l’idée que la remise en vigueur ne doit pas être interprétée comme rétroactive par défaut. Le tribunal a ainsi souligné que le délai de vingt-quatre mois doit être calculé à partir de l'entrée en vigueur de la loi, indépendamment de la date de la décision d'annulation.
En conclusion, la décision retient que le point de départ de la période de vingt-quatre mois ne peut être qu'à partir de l'entrée en vigueur de la loi de 2018, en s'appuyant sur l'absence de rétroactivité explicitée par le texte.