Résumé de la décision :
La décision concerne une requête de M. D..., qui demande l'annulation de l'ordonnance du 17 juillet 2019 relative aux sanctions civiles applicables en cas d'erreur ou de défaut de mention du taux effectif global. M. D... justifie sa demande d'annulation en raison d'un litige pendu devant une juridiction judiciaire relatif à un contrat de prêt conclu avant l'entrée en vigueur de l'ordonnance. Cependant, le Conseil d'État a rejeté la requête, concluant que M. D... ne justifiait pas d'un intérêt lui donnant qualité pour demander l'annulation, l’ordonnance ne s’appliquant pas retroactivement. Ainsi, la requête a été déclarée irrecevable.
Arguments pertinents :
Dans sa décision, le Conseil d'État met en avant plusieurs points clés :
1. Non-application de l'ordonnance aux contrats antérieurs : Le Conseil a précisé que l'ordonnance du 17 juillet 2019 ne s'applique pas aux contrats conclus avant son entrée en vigueur. Les dispositions de l’ordonnance ne peuvent donc pas être invoquées par M. D... pour son litige en cours, puisque ce dernier concerne un contrat établi avant la date de mise en vigueur de l’ordonnance.
2. Absence d’intérêt juridiquement protégé : Le Conseil d'État conclut que M. D... ne possède pas un intérêt légitime à demander l'annulation de l'ordonnance : "Par suite, M. D... ne justifie pas d'un intérêt lui donnant qualité pour demander l'annulation de l'ordonnance du 17 juillet 2019". Cette absence d'intérêt entraîne l'irrecevabilité de sa requête.
Interprétations et citations légales :
Les interprétations des textes de loi dans la décision révèlent plusieurs aspects importants :
- Habilitation législative : L'ordonnance de 2019 a été prise sur la base de l'habilitation accordée par la loi n° 2018-727 du 10 août 2018, en vertu de l'article 55, qui stipule les conditions dans lesquelles le Gouvernement peut modifier les dispositions en question :
> "Le Gouvernement est habilité à prendre par ordonnances [...] toute mesure relevant du domaine de la loi visant à modifier les dispositions du code de la consommation et du code monétaire et financier relatives au taux effectif global..."
- Application temporelle de l’ordonnance : Le Conseil souligne la limitation d'application temporelle de l'ordonnance :
> "l'ordonnance du 17 juillet 2019 ne s'applique pas aux contrats conclus avant son entrée en vigueur, qui demeurent régis par la loi en vigueur au jour de leur conclusion."
- Critère d'intérêt légitime : La notion d'intérêt à agir, fondement de l'irrecevabilité :
> "Dès lors, [...] sa requête est irrecevable et ne peut qu'être rejetée."
Cette décision illustre l'importance de la clarté des dispositions législatives en matière d'application des normes aux contrats existants et la nécessité pour les requérants de justifier d'un intérêt pour engager une action en justice.