Résumé de la décision :
Le Conseil d'État, par sa décision n° 371703 du 27 juillet 2015, a annulé un arrêt en faveur du centre intercommunal d'action sociale (CIAS) de Confolens concernant un appel incident tendant à contester l'annulation d'un licenciement. Par la suite, Mme A... a introduit un recours en rectification d'erreur matérielle, soutenant que le Conseil d'État n'avait pas statué sur ses demandes d'indemnisation liées à son licenciement. Le Conseil a rejeté sa demande, arguant qu'il avait déjà précisé dans sa décision que les conclusions indemnitaires de Mme A... n'étaient pas devant lui après avoir annulé l'arrêt en tant qu'il statuait sur l'appel incident.
Arguments pertinents :
1. Nature du recours en rectification : Le Conseil d'État rappelle que, conformément à l'article R. 833-1 du code de justice administrative, un recours en rectification peut être introduit lorsqu'une décision est entachée d'une erreur matérielle ayant pu influencer le jugement. En l'espèce, Mme A... prétendait que sa demande d'indemnisation n'avait pas été examinée.
2. État des conclusions : Le Conseil d'État souligne qu'il a statué uniquement sur l'appel incident du CIAS de Confolens et a rejeté cet appel, ne se prononçant pas sur les conclusions indemnitaire de Mme A.... Il précise que "le Conseil d'Etat ... doit être regardé comme tendant à ce qu'il soit annulé en tant qu'il fait droit à l'appel incident", ce qui établit que le litige d'indemnisation était distinct.
3. Inexistence d'un défaut de réponse : En conséquence, le Conseil d'État note que le refus d'examiner la demande indemnitaire ne constitue pas un défaut de réponse à conclusions puisqu'il n'était plus saisi de ces conclusions. Par conséquent, Mme A... a été déboutée de sa demande de rectification.
Interprétations et citations légales :
- Article R. 833-1 du Code de justice administrative : Cet article établit les conditions sous lesquelles un recours pour rectification d'erreur matérielle peut être introduit, précisant que ce dernier doit porter sur des erreurs qui ont influencé le jugement. Dans le cas présent, le Conseil d'État a statué que l'erreur alléguée ne pouvait être prise en compte dans le cadre du recours.
- Distinction des litiges : Le Conseil d'État a fait une distinction claire entre les différentes demandes d'indemnisation et les appels incidentiels. Cela illustre un principe fondamental de la procédure administrative, selon lequel un recours ne peut porter que sur ce qui a été effectivement jugé. Ainsi, il est précisé : "dès lors, un litige distinct de celui relatif à l'indemnisation des conséquences de cet arrêté" ce qui témoigne de la rigueur de l’analyse juridique mise en œuvre par le juge administratif.
Dans l'ensemble, cette décision du Conseil d'État fait preuve d'une stricte application des règles procédurales en matière de contentieux administratif, insistant sur la nécessité de respecter les limites de compétence du juge à chaque étape du processus.