Résumé de la décision
L'Association pour la protection des animaux sauvages a déposé une requête auprès du Conseil d'État pour demander l'adoption d'une réglementation contraignante concernant les mesures prévues par l'article L. 427-6 du code de l'environnement, qui encadre la destruction de spécimens d'espèces non domestiques. Cette demande a été rejetée car elle n'avait pas été formulée au préalable auprès du ministre dans le cadre d'un recours gracieux. De plus, l'association a contesté l'article 2 de l'arrêté du 12 juillet 2019 qui abrogeait une circulaire encadrant les battues administratives, soutenant qu'il créait un vide juridique. Cette contestation a également été rejetée, le Conseil d'État jugeant que l'abrogation n'avait pas de conséquences significatives sur l'environnement et que des dispositions équivalentes avaient été mises en place.
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Arguments pertinents
1. Inadmissibilité de la demande initiale : La requête principale de l'association visant à enjoindre le ministre à adopter une réglementation plus stricte n'a pas pu être examinée, car elle n'était pas présentée préalablement au ministre dans le cadre d'un recours gracieux. « Cette demande, n'ayant pas été formulée auprès du ministre dans le recours gracieux (…) ne peut donc qu'être rejetée. »
2. Examen de l'abrogation de la circulaire : L'association a également contesté l'abrogation de la circulaire précisant les modalités des battues administratives, arguant qu’elle entraînait un vide juridique. Cependant, le Conseil d'État a constaté que « cette seule abrogation n'a, en tout état de cause, pas eu sur l'environnement une incidence directe et significative. » De plus, il a été noté que des dispositions équivalentes avaient été mises en place dans une note technique ultérieure.
3. Droits de propriété non affectés : La question du respect du droit de propriété, garanti par des textes tels que l'article 17 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, a été soulevée par l'association. Cependant, le Conseil a constaté que l'abrogation « ne saurait avoir pour effet d'accroître les atteintes que les battues administratives (…) seraient susceptibles de porter au droit de propriété. »
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Interprétations et citations légales
1. Article L. 427-6 du code de l'environnement : Cet article précise les conditions dans lesquelles des opérations de destruction de spécimens d’espèces non domestiques peuvent être autorisées. Il est fondamental pour comprendre le cadre légal dans lequel s'inscrit la requête de l'association et les pouvoirs des lieutenants de louveterie.
2. Article L. 761-1 du code de justice administrative : Cet article stipule que les condamnations à payer des frais dans le cadre des litiges administratifs peuvent être prises à la charge de l'État uniquement si celui-ci est la partie perdante. Cela a été un critère pour conclure que « les dispositions de l’article L. 761-1 (…) font obstacle à ce qu'une somme soit mise à ce titre à la charge de l’État. »
3. Article L. 123-19-1 du code de l’environnement : Cet article détermine si une consultation publique est nécessaire, mais dans le cas présent, le Conseil d'État a jugé que l'absence de consultation n'avait pas d'impact significatif sur l'environnement.
L'ensemble de ces éléments souligne que le Conseil d'État, tout en respectant la lettre et l'esprit des règlements en vigueur, a pris soin de ne pas reconnaître les préoccupations de l'association comme étant suffisamment fondées pour justifier une intervention judiciaire.