Résumé de la décision
La commune de Ris-Orangis a formé un pourvoi en cassation contre un arrêt de la cour administrative d'appel de Versailles, qui avait annulé un arrêté du maire s'opposant à la construction d'un relais téléphonique de 25 mètres de hauteur. La cour a jugé que la dérogation à la règle de hauteur maximale de 20 mètres applicable aux constructions dans la commune s'appliquait également aux relais téléphoniques au sol. Le Conseil d'État a annulé l'arrêt de la cour administrative d'appel, considérant qu'elle avait commis une erreur de droit en interprétant la réglementation urbanistique.
Arguments pertinents
1. Erreur de droit sur la portée des dérogations : Le Conseil d'État a souligné que la cour administrative d'appel avait méconnu la portée de l'article Ul 10 du règlement du plan local d'urbanisme concernant la mesure de la hauteur des constructions. En effet, le jugement a précisé : « les relais téléphoniques ou radiographiques [...] sont soumis à la règle de hauteur maximale de 20 mètres [...] à la seule exception de ceux qui, constituant des ouvrages techniques nécessaires à l'occupation d'un immeuble, entrent dans le champ d'application de la dérogation à cette règle ».
2. Confusion entre implantations : Il a été noté que la dérogation à la règle de hauteur maximale ne s'applique pas de façon générale aux relais, indépendamment de leur mode d'implantation (toit ou sol). Cela a permis au Conseil d'État de fonder sa décision sur une interprétation stricte des règles d’urbanisme.
Interprétations et citations légales
- Article Ul 10 du règlement du plan local d'urbanisme : Cet article fixe la hauteur maximale des constructions à 20 mètres. Il précise que « la hauteur est mesurée à partir du sol naturel jusqu'au point le plus élevé du bâtiment [...] les ouvrages techniques [...] exclus, sauf exceptions » (article Ul 10). Les relais téléphoniques entrent dans le cadre des ouvrages techniques, mais leur dérogation reste limitée aux constructions qui nécessitent leur présence dans une infrastructure.
- Code de justice administrative - Article L. 761-1 : Le Conseil d'État a décidé, conformément à cet article, que « la société Free Mobile versera à la commune de Ris-Orangis une somme de 3 000 euros » pour couvrir les frais de justice, en raison de son statut de partie perdante dans cette instance.
Ainsi, la décision du Conseil d'État a des implications importantes pour l'application de la réglementation urbanistique, en renforçant la nécessité d'une interprétation rigoureuse dans les cas d'exception. Cela protège les normes mises en place par les collectivités locales concernant l'aménagement du territoire.