Résumé de la décision
La décision n° 431374 du Conseil d'État, rendue le 18 novembre 2020, concerne l'annulation d'un permis de construire délivré à M. et Mme E... par la commune de Toulouse. Dans un litige opposant ces derniers à Mme G... et d'autres parties, le Conseil d'État a annulé le jugement du tribunal administratif de Toulouse, sursistant à statuer jusqu'à ce qu'un permis de construire modificatif soit notifié pour régulariser un vice d'illégalité lié à la méconnaissance d'une disposition du plan local d'urbanisme. Cependant, M. et Mme E... ont finalement renoncé à ce permis, ce qui a conduit à l'annulation formelle de l'arrêté du maire en date du 12 juin 2014. En conséquence, la commune de Toulouse et M. et Mme E... ont été condamnés à indemniser Mme G... conformément aux dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Arguments pertinents
1. Sur la régularisation et le retrait du permis : Le Conseil d'État indique que suite à la renonciation de M. et Mme E... au permis de construire, ce dernier a été retiré, et ce retrait doit être considéré comme une renonciation à la régularisation. "Eu égard à cette décision de retrait... la commune comme M. et Mme E... doivent être regardés comme ayant renoncé à la régularisation du permis de construire attaqué."
2. Sur la procédure de sursis à statuer : Le juge administratif a la possibilité de surseoir à statuer en cas de vice pouvant être régularisé. L'article L. 600-5-1 du Code de l'urbanisme précise que "le juge administratif... sursoit à statuer... jusqu'à l'expiration du délai qu'il fixe pour cette régularisation." Cette procédure souligne l'importance de permettre aux erreurs administratives d'être corrigées avant d'aboutir à une annulation définitive.
3. Responsabilité des parties : Le Conseil d'État a souligné que Mme G... n’ayant pas perdu le litige, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont applicables et ont conduit à condamner la commune et M. et Mme E... à verser une somme à Mme G... pour couvrir ses frais de justice.
Interprétations et citations légales
1. Sur l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme : Cet article établit les conditions dans lesquelles un juge peut surseoir à statuer pour permettre le rétablissement d'un acte administratif dans le cadre d'un recours. Il détaille que "sans préjudice de la mise en oeuvre de l'article L. 600-5... le juge administratif qui... estime... qu'un vice entraînant l'illégalité de cet acte est susceptible d'être régularisé" peut adopter cette démarche. Cela témoigne de la souplesse du droit de l'urbanisme face à des erreurs qui peuvent être corrigées.
2. Sur l'article L. 821-2 du code de justice administrative : Cet article permet au Conseil d'État de régler l'affaire au fond lorsqu'il statue sur un pourvoi. La possibilité de surseoir à statuer, tout en fixant un délai pour la régularisation, est une pratique établie qui favorise la finalité juste des décisions administratives, comme le souligne dans la décision un "vice tiré de la méconnaissance."
3. Sur l'article L. 761-1 du code de justice administrative : Cet article stipule que "la perte du litige n’entraîne pas la condamnation aux dépens" et ouvre la voie à une indemnisation dont la demande a été acceptée, montrant que Mme G... a réussi dans son action contre les parties adverses.
Ces éléments illustrent non seulement la complexité des procédures administratives, mais aussi l'importance des droits des parties dans le cadre des litiges portant sur l'urbanisme et les décisions qui en découlent.