Résumé de la décision :
Le Conseil d'État a examiné la demande de M. D... visant à annuler un jugement du tribunal administratif de Toulon qui rejette ses conclusions contre la délibération n° 1 du 14 janvier 2016 du conseil municipal de Saint-Raphaël. Cette délibération maintenait le nombre d'adjoints au maire à onze et approuvait le principe de désignation d'un nouvel adjoint. Le Conseil a statué qu'il n'était pas compétent pour traiter les conclusions relatives à cette délibération, la matière relevant du contentieux de l'excès de pouvoir, et a donc attribué le jugement à la cour administrative d'appel de Marseille.
Arguments pertinents :
1. Compétence du juge : Le Conseil d'État a affirmé qu'il n'était pas compétent pour connaître des conclusions du requérant relatives à la délibération sur le maintien du nombre d'adjoints au maire, car ces questions relèvent du contentieux de l'excès de pouvoir. En revanche, les litiges concernant l'élection d'un adjoint au maire sont considérés comme des contentieux électoraux. Cela illustre la distinction entre les deux types de contentieux en matière municipale.
- Citation pertinente : "les conclusions dirigées contre les seules délibérations par lesquelles les conseils municipaux fixent le nombre d'adjoints au maire ne présentent pas de caractère électoral et relèvent du contentieux de l'excès de pouvoir."
2. Attribution de compétence : En application de l'article R. 351-1 du code de justice administrative, le Conseil d'État a conclu qu'il convenait d'attribuer le jugement à la cour administrative d'appel de Marseille, étant celle compétente pour connaitre des recours en excès de pouvoir.
Interprétations et citations légales :
- Code de justice administrative - Article R. 321-1 : Cet article définit la compétence du Conseil d'État pour statuer sur les appels formés contre les jugements des tribunaux administratifs concernant les litiges relatifs aux élections municipales et cantonales. Cela établit le cadre légal pour la compétence en matière électorale.
- Code général des collectivités territoriales - Article L. 2122-13 : La disposition de cet article stipule que "l’élection du maire et des adjoints peut être arguée de nullité dans les conditions, formes et délais prescrits pour les réclamations contre les élections du conseil municipal". Ce texte renforce la notion de contestation électorale en matière municipale.
La décision du Conseil d'État souligne l'importance de la détermination préliminaire de la nature juridique des litiges dans la hiérarchie des juridictions administratives et clarifie les différents chemins de contestation pour les décisions des conseils municipaux.