Résumé de la décision
La décision porte sur la question prioritaire de constitutionnalité (QPC) soulevée par l'Association citoyenne intercommunale des populations concernées par le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes et le Collectif des élus qui doutent de la pertinence de cet aéroport. Ils contestent certaines dispositions de l'ordonnance n° 58-1067 du 7 novembre 1958, arguant qu'elles portent atteinte aux droits et libertés garantis par la Constitution. Le Conseil d'État, après avoir examiné la pertinence et la validité de la QPC, conclut qu'il n'y a pas lieu de renvoyer la question au Conseil constitutionnel, considérant que les dispositions contestées n'ont pas été modifiées depuis qu'elles ont été déclarées conformes, et qu'aucun changement des circonstances de droit n'est intervenu.
Arguments pertinents
- Applicabilité au litige: Le Conseil d'État rappelle que pour qu'une QPC soit examinée, il faut que la disposition contestée soit applicable au litige concerné. Dans ce cas, l'association soutient que l'article 23-5 de l'ordonnance n° 58-1067 porte atteinte aux droits garantis par la Constitution.
- Situation antérieure: Le Conseil note qu'une décision antérieure du Conseil constitutionnel (décision n° 2009-595 DC) a déjà déclaré que ces dispositions n'étaient pas contraires à la Constitution. La décision souligne que « aucun changement des circonstances de droit n'est intervenu depuis cette décision », ce qui est fondamental pour écarter la possibilité d’un nouveau renvoi.
Interprétations et citations légales
- Ordonnance n° 58-1067 – Article 23-5: Cet article stipule que le moyen soulevé doit être « nouveau ou présenter un caractère sérieux » pour que la QPC soit examinée. Le Conseil d'État conclut que la question soulevée ne répond pas à ces exigences, affirmant que « le moyen tiré de ce que l'article 23-5 de l'ordonnance du 7 novembre 1958 porte atteinte aux droits et libertés garantis par la Constitution doit être écarté ».
- Constitution – Article 61-1: Selon cet article, une QPC peut être portée devant le Conseil d'État s'il y a contestation sur la conformité d’une disposition législative à la Constitution. La décision rappelle cette obligation de conditionnalité tout en affirmant que « les dispositions de l'article 23-5 [...] n'étaient pas contraires à la Constitution » suite à la réévaluation afférente à la décision de 2009.
En conclusion, le Conseil d'État a rejeté la demande de renvoi à la QPC, constatant qu'il n'y avait pas de nouveaux éléments suffisamment substantiels pour réexaminer la constitutionnalité des dispositions en question.