Résumé de la décision
La commune de L'Epine a introduit une demande d'annulation pour excès de pouvoir d'un décret fixant sa population légale à 1 691 habitants, soit une baisse de 71 habitants par rapport à l'année précédente. La commune a soutenu que cette estimation était erronée, en se basant sur l'évolution des locaux d'habitation. Toutefois, le tribunal a rejeté cette demande, considérant que le décret était fondé sur un recensement exhaustif conforme aux dispositions légales, et a conclu à la non-fondement des allégations de la commune.
Arguments pertinents
1. Absence de base légale pour le décret :
Le tribunal a d'abord écarté l'argument selon lequel la lettre du directeur de la direction régionale des Pays de la Loire pourrait servir de base légale au décret attaqué. En effet, cette lettre n'a pas de caractère décisoire et ne justifie pas le décret.
- Citation pertinente : « la lettre du 14 décembre 2015 [...] ne constitue pas la base légale du décret attaqué. »
2. Validité des chiffres de population :
Le tribunal a confirmé que les chiffres contestés étaient basés sur un recensement exhaustif réalisé en 2013, conformément à l’article 156 de la loi n° 2002-276 du 27 février 2002, qui s'applique aux communes de moins de 10 000 habitants. De ce fait, la demande de la commune, fondée sur des données de taxe d'habitation, a été jugée non concluante.
- Citation pertinente : « les chiffres de la population légale [...] sont ceux résultant d'une enquête de recensement exhaustif effectué en 2013. »
Interprétations et citations légales
Cette décision s'appuie principalement sur les articles de loi relatifs au recensement des communes :
- Loi n° 2002-276 du 27 février 2002 - Article 156 : Cet article stipule que les communes de moins de 10 000 habitants doivent être recensées par un recensement exhaustif, ce qui justifie l'inclusion des données utilisées pour fixer la population de la commune de L'Epine.
De plus, la décision souligne l'importance de la distinction entre les données d'une enquête de recensement et d'autres statistiques (telles que celles liées à la taxe d'habitation) qui peuvent ne pas refléter la réalité démographique en raison de différents facteurs, comme la décohabitation.
Cette interprétation des données trouve écho dans les arguments avancés par le tribunal, lequel a constaté :
- « une divergence entre l'évolution du nombre des locaux d'habitation et l'évolution du nombre des habitants, liée à un mouvement de décohabitation ».
Ainsi, le tribunal a démontré que les chiffres retenus pour le décret étaient non seulement valides mais également conformes aux exigences légales, ce qui a conduit au rejet de la requête de la commune.