Résumé de la décision
Dans cette affaire, M.A..., un ressortissant tunisien et père d'un enfant français, a vu sa demande de titre de séjour refusée par le préfet des Bouches-du-Rhône en 2015, un refus confirmé par le tribunal administratif de Marseille puis par la cour administrative d'appel de Marseille en 2016. La décision de la cour administrative d'appel a été annulée par le Conseil d'État, qui a constaté que celle-ci avait commis une erreur de droit en appréciant inexactement la contribution de M. A... à l'entretien et à l'éducation de son enfant. L'affaire a été renvoyée devant la cour administrative d'appel pour réexamen.
Arguments pertinents
1. Contribution à l'entretien de l'enfant : Le Conseil d'État a souligné que M.A... contribuait financièrement à l'entretien de son enfant en envoyant régulièrement des mandats. Cependant, la cour d'appel a estimé que cela ne suffisait pas à démontrer une implication dans l'éducation de l'enfant. Ainsi, le Conseil a noté que "la cour [...] a fait une inexacte application des dispositions précitées" concernant l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
2. Critères d'évaluation : Le Conseil d'État a clarifié que la cour devait apprécier « compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce » la contribution financière et l'implication de M. A... dans l'éducation de son enfant. Cela implique une analyse des ressources des deux parents et des besoins de l'enfant selon l'article 371-2 du code civil.
Interprétations et citations légales
1. Interprétation du Code de l'entrée et du séjour des étrangers :
- Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile - Article L. 313-11 : Ce texte stipule que « la carte de séjour temporaire [...] est délivrée de plein droit à l'étranger qui est père ou mère d'un enfant français mineur, à condition qu'il établisse contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant ». Dans ce contexte, le Conseil d'État a précisé que la « contribution » et « l'éducation » doivent être évaluées ensemble, sans que le simple fait de vivre avec l'enfant soit une condition préalable.
2. Interprétation du Code civil :
- Code civil - Article 371-2 : Cet article établit que « chacun des parents contribue à l'entretien et à l'éducation des enfants à proportion de ses ressources ». Le Conseil d'État a donc insisté sur le besoin d'évaluer la contribution de M. A... dans ce cadre, ce qui implique une prise en compte dynamique de sa situation financière et de celle de la mère.
3. Erreurs de droit : Le Conseil d'État a affirmé avoir relevé une « erreur de droit » dans l'application des critères définis par l'article L. 313-11, ouvrant la voie à une redéfinition de la manière dont les contributions financières et l'implication éducative sont appréciées par la cour d'appel.
La décision a ainsi permis de clarifier les standards requis pour l’obtention d’un titre de séjour sur le fondement de la vie familiale, en soulignant l'importance d'une approche globale des liens entre l'enfant et le parent demandeur.