Résumé de la décision
M. A..., ingénieur du génie rural, a été placé en disponibilité pour convenances personnelles en novembre 2000. Il a demandé le versement d'une indemnité de départ volontaire en vertu du décret du 17 avril 2008, qui a été refusée par le ministre de l'agriculture. Après rejet de sa demande par le tribunal administratif de Paris, M. A... a fait appel devant la cour administrative d'appel de Paris, laquelle a également rejeté son appel. M. A... a ensuite formé un pourvoi en cassation.
Le Conseil d'État a annulé l'arrêt de la cour administrative d'appel, jugeant qu'elle avait commis une erreur de droit en conditionnant l'attribution de l'indemnité à un départ définitif de la fonction publique avant la création d'une entreprise. Le Conseil a également décidé de renvoyer l'affaire à la cour administrative d'appel de Paris et d'octroyer à M. A... une somme de 3 000 euros.
Arguments pertinents
1. Condition d'attribution de l'indemnité : Le Conseil d'État a constaté que, selon une interprétation correcte du décret, l'indemnité peut être demandée avant de quitter la fonction publique. Il a rejeté l'interprétation de la cour qui en faisait dépendre l'octroi à un départ préalable, affirmant : "Il résulte de ces dispositions que l'indemnité de départ volontaire ne peut être attribuée qu'aux agents qui la demandent avant de créer ou reprendre une entreprise."
2. Erreur de droit : En exigeant que le départ définitif de la fonction publique soit antérieur à la création de l'entreprise, la cour a commis une erreur de droit. Le Conseil d'État a souligné que cette interprétation n'était pas conforme aux textes en vigueur.
3. Réparation du préjudice : M. A... avait demandé la réparation du préjudice résultant du refus de l'indemnité. Le Conseil d'État a conclu qu’il était fondé à demander l'annulation de l'arrêt en raison de l'erreur de droit, sans avoir à examiner les autres moyens du pourvoi.
Interprétations et citations légales
- Décret du 17 avril 2008 - Article 3 : Cet article précise les conditions d’attribution de l’indemnité de départ volontaire, en mentionnant que "l'indemnité de départ volontaire peut être attribuée aux agents mentionnés à l'article 1er qui quittent définitivement la fonction publique de l'Etat pour créer ou reprendre une entreprise." Cette clause est centrale pour comprendre le cadre juridique de l'indemnité.
- Code du travail - Article L. 351-24 : Il définit les conditions dans lesquelles l'État peut accorder des aides à ceux qui créent ou reprennent une activité économique. L'interprétation de ce texte a été essentielle pour la question de savoir si M. A... pouvait revendiquer l'indemnité avant son départ définitif.
La décision souligne ainsi une part de flexibilité dans l'application des dispositions législatives, permettant à un agent public de bénéficier d'une indemnité avant de quitter définitivement son poste, à condition que sa démarche pour créer ou reprendre une entreprise soit sincère et authentique.