Résumé de la décision
La présente affaire concerne le refus par le maire de la commune de Dury de délivrer à M. B... un permis d'aménager un lotissement, ce refus étant matérialisé par un arrêté du 30 octobre 2012. Le tribunal administratif d'Amiens a annulé cet arrêté par jugement du 31 décembre 2013. Toutefois, la cour administrative d'appel de Douai a annulé ce jugement, considérant que la demande de M. B... était devenue sans objet en raison de l'octroi d'un nouveau permis d'aménager le 21 août 2013. La décision de la cour a été portée devant le Conseil d'État qui a annulé l'arrêt de Douai, arguant que la cour n'avait pas suffisamment vérifié si le projet autorisé différait de celui initialement demandé. Le Conseil d'État a également décidé que la commune de Dury devait verser une somme de 3 000 euros à M. B... au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Arguments pertinents
1. Sur l'autorité de la décision de refus vs. l'autorisation tardive : Le Conseil d'État a rappelé qu'il n’y a plus lieu de statuer sur une décision de refus d'urbanisme si l'autorité compétente accorde l'autorisation demandée par la suite. Cependant, cela ne s'applique que si l'autorisation accordée est équivalente à celle initialement sollicitée :
> "Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions tendant à l'annulation d'une décision ayant rejeté une demande d'autorisation d'urbanisme lorsque... l'autorité administrative a délivré l'autorisation sollicitée."
2. Sur la nécessité d'une évaluation des modifications : Le Conseil d'État a souligné que, dans ce cas, M. B... a modifié son projet en réponse aux motifs du refus initial, ce qui rendait le recours encore pertinent :
> "Le recours contre la décision de refus conserve, en revanche, un objet lorsque l'autorisation finalement accordée ne peut être regardée comme équivalant à l'autorisation initialement sollicitée."
3. Sur l'insuffisance de motivation de la cour : La cour a été critiquée pour n'avoir pas examiné en détail si les éléments approuvés étaient différents, entraînant ainsi une insuffisance de motivation et une erreur de droit :
> "La cour administrative d'appel de Douai... a entaché son arrêt d'insuffisance de motivation et d'erreur de droit."
Interprétations et citations légales
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Code de justice administrative
- Article L. 761-1 : Cet article stipule que les frais exposés par une partie peuvent être remboursés par la partie perdante. En l'espèce, la commune de Dury, en tant que partie perdante, est condamnée à verser une somme à M. B... :> "Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle... le versement de la somme que demande à ce titre la commune de Dury."
Cette décision illustre bien l'importance de la clarté et de la motivation dans les décisions de justice administrative, ainsi que la prévalence des modifications apportées aux projets en réponse aux objections soulevées au cours des procédures administratives. Les juges doivent prêter une attention particulière aux détails des demandes de permis et aux justifications fournies par les intéressés afin d’éviter des erreurs de droit qui peuvent conduire à des annulations de décisions.