Résumé de la décision
M. B... a contesté le rejet implicite par le Premier ministre de sa demande visant à définir la notion d'"avantage injustifié" pour l'application de l'article 432-14 du code pénal. La décision du Conseil d'État a considéré que la question prioritaire de constitutionnalité (QPC) soulevée par M. B... n'était pas recevable, en raison du fait que l'article 432-14 relève du domaine législatif, et que le Premier ministre n'avait pas l'obligation de prendre un décret d'application en la matière. Au final, la requête de M. B... a été rejetée, y compris ses demandes d'injonction et de prise en charge des frais.
Arguments pertinents
1. Domaine de la loi : Le Conseil d'État souligne que la détermination des crimes et délits relève du domaine législatif, conformément à l'article 34 de la Constitution. Cela justifie le rejet de la demande de M. B..., car le Premier ministre n'avait pas la compétence réglementaire pour prendre les mesures demandées.
- Citation pertinente : « La détermination des crimes et délits ressortissant au domaine réservé à la loi par l'article 34 de la Constitution, le Premier ministre était tenu de rejeter la demande de M. B.... »
2. Inapplicabilité de la QPC : La décision a statué que la question prioritaire de constitutionnalité soulevée par M. B... concernant l'article 432-14 du code pénal n'est pas applicable au litige, car le texte n'avait pas d'incidence sur la légalité du refus notifié.
- Citation pertinente : « Par suite, les dispositions de l'article 432-14 du code pénal ne sont pas applicables au litige au sens de l'article 23-5 de l'ordonnance du 7 novembre 1958. »
3. Refus de la demande d'injonction : En conséquence, le Conseil d'État a refusé d’accéder à la demande d’injonction formulée par M. B..., considérant que le Premier ministre n'avait pas à agir.
- Citation pertinente : « Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B... doit être rejetée, y compris ses conclusions tendant au prononcé d'une injonction. »
Interprétations et citations légales
1. Article 34 de la Constitution : Cet article établit clairement que la loi fixe les règles concernant la détermination des crimes et délits. Cela signifie que toute définition ou éclaircissement sur le sujet doit émaner du législateur et non du pouvoir réglementaire.
- Constitution - Article 34 : « La loi fixe les règles concernant : (...) la détermination des crimes et délits... »
2. Article 432-14 du Code pénal : Celui-ci prévoit des sanctions sévères pour les agents publics qui procurent des avantages injustifiés, soulignant la nécessité d'une définition claire. Toutefois, cette définition doit être apportée par la loi et non par un décret.
- Code pénal - Article 432-14 : « Est puni de deux ans d'emprisonnement et d'une amende de 200 000 euros... le fait par une personne dépositaire de l'autorité publique... de procurer ou de tenter de procurer à autrui un avantage injustifié... »
3. Ordonnance n° 58-1067 du 7 novembre 1958 : Cette ordonnance régit les modalités de saisine du Conseil constitutionnel pour une QPC. Le Conseil d'État énonce que le texte contesté doit être applicable au litige pour que la QPC soit recevable.
- Ordonnance n° 58-1067 - Article 23-5 : « Le moyen tiré de ce qu'une disposition législative porte atteinte aux droits et libertés garantis par la Constitution peut être soulevé... à l'occasion d'une instance devant le Conseil d'État... »
Cette décision démontre la stricte séparation des compétences entre le législatif et l'exécutif, inscrite dans la Constitution, et souligne l'importance de la loi dans la définition des infractions.