Résumé de la décision
La décision concerne une injonction du Conseil d'État du 7 octobre 2020, enjoignant la société Sud Contentieux à remettre à l'office public de l'habitat Gironde Habitat des documents relatifs au recouvrement de créances locatives, sous astreinte de 300 euros par jour de retard. La société a bien remis les documents demandés, mais l'office a argué que ceux-ci étaient incomplets. Cependant, le Conseil a considéré que la société avait satisfait à ses obligations, la décision d’injonction étant donc considérée comme exécutée. En conséquence, il n'était pas justifié de procéder à la liquidation de l'astreinte.
Arguments pertinents
1. Exécution de l'obligation : Le Conseil d'État a noté que la société Sud Contentieux avait remis l'ensemble des documents requis, constatant que ce qui avait été fourni contenait les informations nécessaires pour permettre à l'office public de continuer à traiter les dossiers. La décision souligne que la nature des informations fournies, bien que critiquée par l'office, était suffisante au regard de l'injonction initiale.
> "Il n'y a pas lieu, par suite, de procéder à la liquidation de l'astreinte prononcée à l'encontre de la société Sud Contentieux."
2. Absence de justifications suffisantes pour l'incomplétude : Le Conseil a également rejeté les plaintes concernant l'incomplétude des documents, montrant qu’aucun élément n'avait été fourni pour préciser en quoi les informations étaient insuffisantes.
> "À défaut d'éléments de nature à expliciter en quoi ces informations seraient insuffisantes pour permettre à l'office public de l'habitat Gironde Habitat de poursuivre le traitement des dossiers..."
Interprétations et citations légales
- Code de justice administrative - Article L. 911-7 : Cet article stipule que "en cas d'inexécution totale ou partielle ou d'exécution tardive", le juge peut procéder à la liquidation de l'astreinte. Il a aussi la faculté de modérer ou supprimer l'astreinte en cas d’inexécution constatée.
L'interprétation de cet article par le Conseil d'État ici dépend crucialement de l'évaluation de l'exécution des obligations par la société. Le fait qu'elle ait agi dans un délai proche de celui imparti a été déterminant.
- Code de justice administrative - Article L. 521-3 : Cet article permet au juge administratif d'ordonner une mesure d’injonction pour faire exécuter une obligation. La décision d’injonction en question a été fondée sur cet article, et le Conseil a conclu que cette injonction avait, en substance, été respectée.
La décision montre l'importance d'évaluer la qualité des documents remis par rapport aux injonctions judiciaires et confirme que le respect formel des obligations peut suffire pour échapper à des sanctions pécuniaires, surtout si aucune preuve d'inadéquation n'est fournie par la partie réclamante.