Résumé de la décision :
M. B... avait été admis au premier concours d'admission dans le corps des sous-officiers de gendarmerie. Cependant, le ministre de l'Intérieur a refusé le 2 août 2017 l'autorisation de M. B... à souscrire un contrat d'engagement en cette qualité, ce qui a conduit M. B... à demander la suspension de cette décision devant le juge des référés du tribunal administratif d'Orléans. Le juge a suspendu cette décision, mais le ministre a demandé l'annulation de cette ordonnance. Le Conseil d'État a annulé l'ordonnance du juge des référés, rejeté la demande de M. B..., estimant que l'urgence n'était pas démontrée et que la motivation du juge était insuffisante.
Arguments pertinents :
1. Absence de motivation adéquate : Le Conseil d'État a souligné que le juge des référés n'a pas suffisamment motivé sa décision, en se contentant d'une affirmation vague sur l'appréciation des faits sans détailler les moyens invoqués par M. B... Il est précisé que "le juge des référés [...] n'a pas suffisamment motivé son ordonnance et a méconnu son office."
2. Condition d'urgence non remplie : Le Conseil d'État a jugé que la décision litigieuse n'entraînait pas une atteinte suffisamment grave à la situation de M. B..., compte tenu de son activité dans la réserve opérationnelle ainsi que de ses revenus en tant qu'intérimaire. Ainsi, il a été noté que la décision "n'est pas de nature à préjudicier de manière suffisamment grave et immédiate à la situation de l'intéressé."
3. Rejet des conclusions de M. B... : Conformément à l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le Conseil d'État a également rejeté les demandes de M. B... en matière de remboursement de frais, considérant que les conditions d'octroi des honoraires n'étaient pas remplies.
Interprétations et citations légales :
1. Urgence et intérêt public : L'urgence pour obtenir la suspension de l'acte administratif est prévue par les articles du Code de justice administrative. L'article pertinent, Code de justice administrative - Article L. 521-1, précise que "le prononcé de la suspension d'un acte administratif est subordonné notamment à une condition d'urgence." Le Conseil d'État a donc examiné si la situation de M. B... justifiait une telle urgence.
2. Motivation des ordonnances du juge des référés : Les exigences de motivation des ordonnances du juge des référés sont cruciales. Le Conseil d'État a constitué un cadre strict : "le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision", ce qui souligne l'importance d'une argumentation claire et précise pour justifier une telle suspension.
3. Absence de preuve des déclarations : Le Conseil d'État a noté que M. B... n'a pas fourni de déclarations exhaustive de ses revenus ni de preuve de sa situation financière, en déclarant que "M. B... n'a pas cessé, à compter de la décision en litige, d'assurer des missions dans le cadre de son contrat d'engagement." Cela montre l'importance de la charge de la preuve incombant au requérant dans une procédure de référé.
En somme, le Conseil d'État a annulé la décision antérieure en raison du manque de motivation suffisante du juge et de l'absence d'une atteinte sérieuse aux droits de M. B..., appelant ainsi à un strict respect des exigences procédurales pour la suspension des décisions administratives.