Résumé de la décision
La société MEI Partners a introduit un recours en rectification d'erreur matérielle au Conseil d'Etat visant à annuler l'ordonnance n° 411348 du 22 juin 2017, par laquelle le juge des référés avait rejeté sa requête. MEI Partners soutenait que le juge n'avait pas répondu à son argument selon lequel le silence de l'administration ne pouvait être interprété comme un refus, conformément aux obligations de l'Etat au titre de l'article 108 paragraphe 3 du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne (TFUE). Le Conseil d'Etat a rejeté la requête, considérant que la société n'avait pas soulevé ce moyen dans sa demande initiale et qu'il ne s'agissait pas d'une erreur matérielle.
Arguments pertinents
1. Nature du recours en rectification : Le Conseil d'Etat rappelle que le recours en rectification d'erreur matérielle est limité aux erreurs de nature matérielle qui ne sont pas imputables aux parties. Il précise que l'omission de réponse à un moyen peut constituer une telle erreur si elle ne nécessite pas d'appréciations juridiques.
> "Le recours en rectification d'erreur matérielle [...] n'est ainsi ouvert qu'en vue de corriger des erreurs de caractère matériel qui ne sont pas imputables aux parties."
2. Absence de moyen soulevé : La cour conclut que le moyen invoqué par MEI Partners concernant l'absence de décision implicite de refus n'a pas été présenté lors de la première instance; en conséquence, la cour n'était pas tenue de s'y prononcer.
> "[...] le juge des référés a omis de statuer sur son moyen [...] qu'il ressort cependant des pièces du dossier soumis au juge des référés que la société n'a pas soulevé un tel moyen."
3. Appréciation d'ordre juridique : Le Conseil d'Etat indique que les éléments invoqués par la société requérante relèvent d'une appréciation juridique, qui ne peut être contestée par un recours en rectification.
> "Pour rejeter sa demande [...] le juge des référés du Conseil d'Etat s'est livré à des appréciations d'ordre juridique."
Interprétations et citations légales
- Application de l'article R. 833-1 du Code de justice administrative : Cet article précise les conditions de recevabilité d'une demande de rectification, en limitant cette possibilité aux erreurs matérielles.
> Code de justice administrative - Article R. 833-1 : "Lorsqu'une décision d'une cour administrative d'appel ou du Conseil d'Etat est entachée d'une erreur matérielle [...]"
- Article 108 du TFUE : L'article cité par MEI Partners impose aux Etats membres de ne pas mettre en œuvre les régimes d'aide avant une décision de la Commission européenne. La cour a constaté que MEI Partners ne l'avait pas correctement argué dans sa requête initiale.
> "Les stipulations de l'article 108 paragraphe 3 du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne [...] font obstacle à la naissance d'une décision implicite de refus."
Dans cette décision, le Conseil d'Etat a donc trié les questions de nature juridique des erreurs matérielles, confirmant ainsi la restriction des recours en rectification aux seules erreurs de caractère matériel.