Résumé de la décision
La communauté de communes du Cher à la Loire a entrepris une opération de réhabilitation et d'extension d'une piscine intercommunale, mais a constaté l'apparition de désordres dans la structure en 2013, conduisant à une procédure judiciaire pour obtenir réparation. Après plusieurs décisions judiciaires, la cour administrative d'appel de Nantes a condamné les sociétés impliquées, dont la société Atelier Arcos Architecture, à verser une provision pour ces désordres. La société Atelier Arcos Architecture a formé un pourvoi en cassation contre cette décision. La Cour a rejeté ce recours, confirmant la responsabilité des constructeurs sur le fondement de la garantie décennale.
Arguments pertinents
1. Validité de la procédure judiciaire : La cour a constaté que les procédures étaient conformes aux exigences légales, notamment en ce qui concerne la signature de la minute de décision, ce qui a écarté le moyen soulevé par la société Atelier Arcos Architecture.
- "La minute de l'arrêt attaqué [...] porte les signatures du président de la formation de jugement, du rapporteur et du greffier d'audience."
2. Garantie décennale des constructeurs : La cour a jugé que la responsabilité des constructeurs était engagée même en l'absence de divulgation des désordres dans leur intégralité avant l'expiration du délai de dix ans. Les désordres constatés compromettaient la solidité de l'ouvrage.
- "Des désordres apparus dans le délai d'épreuve de dix ans [...] engagent leur responsabilité [...] même s'ils ne se sont pas révélés dans toute leur étendue avant l'expiration du délai de dix ans."
3. Processus d'aggravation inéluctable : La cour a validé l'argument selon lequel le processus d'aggravation des désordres était inéluctable, justifiant ainsi la reconnaissance de la garantie décennale.
- "En se bornant à retenir que le processus d'aggravation des désordres observés était inéluctable [...] la cour administrative d'appel de Nantes a suffisamment motivé son arrêt."
Interprétations et citations légales
1. Article R. 741-7 du Code de justice administrative : Cet article stipule que la minute de la décision doit être signée par les membres de la formation de jugement, garantissant ainsi la conformité de la décision. La cour a confirmé que cette procédure avait été respectée, ce qui a conduit à écarter le moyen soulevé par la société requérante.
2. Garantie décennale - Code civil : La responsabilité des constructeurs en raison des désordres affectant la solidité de l’ouvrage est fondée sur les principes de la garantie décennale. Selon le Code civil - Article 1792 : "Tout constructeur d’un ouvrage est responsable de plein droit [...] des dommages qui compromettent la solidité de l’ouvrage," renforçant l'application du principe dans le cas présent.
3. Article L. 761-1 du Code de justice administrative : Cet article fait obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge d'une partie qui n'est pas la partie perdante. Dans ce cas, la cour a décidé de condamner la société Atelier Arcos Architecture à verser des frais à la communauté de communes Val-de-Cher-Controis, car elle était la partie perdante après le rejet du pourvoi.
- "Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à ce titre à la charge de la communauté de communes Val-de-Cher-Controis qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante."
Cette décision illustre donc la manière dont les principes de la responsabilité décennale sont appliqués dans le cadre des litiges liés aux ouvrages de construction, ainsi que l'importance de la conformité procédurale dans l'administration de la justice.