Résumé de la décision :
La décision concerne une question prioritaire de constitutionnalité formulée par la société FB Finance, qui conteste le premier alinéa du I bis de l'article 1586 quater du code général des impôts. Cette disposition réserve un traitement fiscal différent pour les sociétés membres d'un groupe fiscalement intégré et celles qui ne le sont pas, ce qui, selon FB Finance, violerait les principes d'égalité devant la loi et des charges publiques. Le Conseil d'État a jugé que la question soulevée présente un caractère sérieux et a donc décidé de renvoyer cette question au Conseil constitutionnel pour évaluation.
Arguments pertinents :
1. Inégalité de traitement : FB Finance argue que la disposition contestée crée une inégalité entre les sociétés membres d’un groupe fiscalement intégré et celles qui ne le sont pas, ce qui contrevient aux principes d’égalité garantis par les articles 6 et 13 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen. En effet, le Conseil constate : "la société soutient que ces dispositions... méconnaissent les principes d'égalité...".
2. Garantie des droits : La société allègue également que ces dispositions appliquées rétroactivement, et ne tenant pas compte des demandes de dégrèvement pour l’année 2010, portent atteinte au principe de garantie des droits au sens de l'article 16 de la Déclaration. Le Conseil conclut que "le moyen tiré de ce qu'elle porte atteinte aux droits et libertés garantis par la Constitution... soulève une question présentant un caractère sérieux."
Interprétations et citations légales :
1. Coût de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises : Selon le Code général des impôts - Article 1586 quater, le dégrèvement de la cotisation dépend d’un chiffre d’affaires global pour les sociétés membres d’un groupe, ce qui soulève des questions sur le traitement fiscal équitable des différentes structures sociétaires.
Citation pertinente : "Lorsqu'une société est membre d'un groupe mentionné... le chiffre d'affaires à retenir... s'entend de la somme des chiffres d'affaires de chacune des sociétés membres du groupe."
2. Examen de la constitutionnalité : L'article 23-4 de l'ordonnance du 7 novembre 1958 stipule les conditions pour la saisie du Conseil constitutionnel, notamment que la question soit nouvelle ou présente un caractère sérieux. Le Conseil d'État a donc examiné si la disposition contestée était applicable au litige et si elle avait été précédemment déclarée conforme.
Citation pertinente : "Cette disposition n'a pas déjà été déclarée conforme à la Constitution par le Conseil constitutionnel."
En conclusion, cette décision illustre comment le cadre juridique permet aux entreprises de contester des mesures fiscales qui pourraient enfreindre des droits fondamentaux, en engageant un dialogue entre le Conseil d'État et le Conseil constitutionnel pour établir une jurisprudence conforme aux principes constitutionnels.