Résumé de la décision :
La décision concerne une requête de M. A... visant à contester la circulaire du 14 septembre 2016, qui encadre l'exercice du pouvoir de transaction de l'administration fiscale en matière de pénalités fiscales liées à des avoirs non déclarés à l'étranger. Le Conseil a rejeté la requête de M. A..., en considérant que la circulaire respectait la décision n° 2016-554 QPC du Conseil constitutionnel et n'enfreint pas le principe d'égalité ni le principe de non-discrimination.
Arguments pertinents :
1. Application de la décision du Conseil constitutionnel : La circulaire attaquée est conforme à la décision n° 2016-554 QPC, qui a déclaré une sanction disproportionnée. L'administration a ajusté ses pratiques suite à cette décision, ce qui est en adéquation avec l'évolution législative. Ainsi, la requête de M. A... concernant une prétendue remise en cause de cette décision doit être écartée. Pour le Conseil, « il est indifférent à cet égard que les auteurs de la circulaire n'auraient poursuivi d'autre objectif que le maintien d'un niveau global d'atténuation des majorations et amendes ».
2. Principe d'égalité : La requête soulève un problème de traitement différencié entre les contribuables ayant déposé des demandes de régularisation avant et après l'entrée en vigueur de la circulaire. Toutefois, le Conseil rappelle qu’« les contribuables n’ont aucun droit au maintien des conditions dans lesquelles l’administration fiscale envisage d'user de la faculté… ».
3. Distinction justifiée : Concernant la distinction entre différents types d’avoirs dans le cadre de la régularisation, le Conseil soutient que cette distinction repose sur des critères objectifs et rationnels et est donc légitime.
4. Non-discrimination : Le moyen soulevé lié à l’article 14 de la convention européenne des droits de l’homme est rejeté, car aucune liberté spécifiquement garantissant celle-ci n’a été affectée par la circulaire.
Interprétations et citations légales :
1. Article L. 247 du livre des procédures fiscales : Cet article stipule que « L'administration peut accorder sur la demande du contribuable (...) une atténuation d'amendes fiscales ou de majorations d'impôts lorsque ces pénalités […] ne sont pas définitives ». La référence à cet article souligne le pouvoir discrétionnaire de l'administration en matière de concessions fiscales.
2. Décision n° 2016-554 QPC : En annulant certaines sanctions fiscales comme « manifestement disproportionnées », le Conseil constitutionnel a fondamentalement marqué l’importance de garantir des sanctions raisonnables et proportionnées, marquant ainsi la jurisprudence actuelle en matière fiscale.
3. Article 62 de la Constitution : La mention de cet article renforce l'idée que les décisions du Conseil constitutionnel doivent être respectées par les autorités administratives, qui doivent s'ajuster en conséquence.
4. Articles 6 et 13 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen et article 14 de la convention européenne : Ces articles sont mentionnés pour renforcer les fondements des principes d'égalité et non-discrimination, soulignant que les distinctions effectuées doivent être basées sur des critères objectifs, ce qui a été validé par le Conseil.
En somme, la décision a confirmé que l'administration fiscale a le droit d'adapter les modalités de son pouvoir de transaction conformément aux évolutions législatives et aux décisions du Conseil constitutionnel, tout en respectant les principes d'égalité et de non-discrimination.