Résumé de la décision
La décision concerne le recours de M. A... et Mme C... demandant l'annulation d'un alinéa d'une instruction publiée par l'administration fiscale, en raison d'une interprétation jugée erronée de l'article 787 B du Code général des impôts. Cet article concerne l'exonération partielle des droits de mutation à titre gratuit pour les actions ou parts de sociétés exerçant des activités industrielles, commerciales, artisanales, agricoles ou libérales. Le tribunal a reconnu que l'administration avait méconnu le sens et la portée des dispositions législatives et a annulé le dernier alinéa du paragraphe n° 20 de l'instruction, tout en déboutant les requérants de leur question prioritaire de constitutionnalité. L'État a été condamné à verser 3 000 euros aux requérants.
Arguments pertinents
1. Interprétation de l'article 787 B : Les requérants soutiennent que l'interprétation administrative impose à tort une condition de prépondérance de l'activité industrielle, commerciale, artisanale, agricole ou libérale, subordonnant l'exonération à un seuil d'au moins 50 % de l'actif brut immobilisé. Le tribunal juge que cette condition n'est pas prévue par la loi. Il déclare que l'appréciation de la prépondérance doit se faire selon un faisceau d'indices, sans obligation de respecter le seuil de 50 % pour l'actif brut immobilisé.
> "Ces dispositions ne subordonnent pas l'avantage qu'elles instituent, s'agissant des parts et actions d'une société d'activité mixte, à la condition que le montant de l'actif brut immobilisé représente au moins 50 % du montant total de l'actif brut."
2. Rejet de la question prioritaire de constitutionnalité : Le tribunal a également déclaré que la question posée par les requérants n'était pas sérieuse et ne respectait pas les conditions requises pour un renvoi au Conseil constitutionnel.
> "La question prioritaire de constitutionnalité que soulèvent M. A... et Mme C..., qui n'est pas nouvelle, n'est pas non plus sérieuse."
Interprétations et citations légales
1. Application de l'article 787 B : Selon le premier alinéa de l'article 787 B du Code général des impôts, les parts ou actions peuvent bénéficier d'une exonération de 75 % des droits de mutation, pourvu qu'elles soient liées à des sociétés ayant une activité qualifiée :
> Code général des impôts - Article 787 B : "Sont exonérées de droits de mutation à titre gratuit, à concurrence de 75 % de leur valeur, les parts ou les actions d'une société ayant une activité industrielle, commerciale, artisanale, agricole ou libérale transmises par décès ou entre vifs."
2. Critères de prépondérance : Le tribunal souligne que la notion de prépondérance doit être évaluée par rapport au chiffre d'affaires et non à l'actif brut immobilisé, ce qui influe directement sur l'application des exonérations fiscales.
> "Cette prépondérance s'appréciant en considération d'un faisceau d'indices déterminés d'après la nature de l'activité et les conditions de son exercice."
3. Égalité devant les charges publiques : La décision rejette également les arguments sur la violation des articles 6 et 13 de la Déclaration des droits de l'Homme et du citoyen :
> "Il résulte que la question prioritaire de constitutionnalité que soulèvent M. A... et Mme C..., qui n'est pas nouvelle, n'est pas non plus sérieuse..."
Cette analyse met en évidence la justesse de l'interprétation des dispositions fiscales, clarifiant ainsi le régime d'exonération prévu par la loi pour les sociétés à activité mixte.