Résumé de la décision
Dans cette affaire, les sociétés Apsis et Parfininco ont sollicité la restitution d'une contribution additionnelle à l'impôt sur les sociétés, en raison de la déclaration d'inconstitutionnalité de certaines dispositions législatives (article 235 ter ZCA du code général des impôts) par le Conseil constitutionnel en date du 6 octobre 2017. Les interventions de ces sociétés ont été jugées recevables en soutien à la requête de l'Association française des entreprises privées (AFEP) et autres. Le tribunal a annulé en partie un commentaire administratif qui réitère lesdites dispositions déclarées contraires à la Constitution, tout en ordonnant à l'État de verser 3 000 euros aux requérants.
Arguments pertinents
1. Recevabilité des instances : Les interventions des sociétés Apsis et Parfininco ont été retenues comme recevables, sachant qu'elles appuyaient la requête de l'AFEP et autres relatives à la restitution de la contribution à l'impôt. Le tribunal a ainsi souligné que "leurs interventions au soutien de la requête de l'AFEP et autres sont donc recevables".
2. Inconstitutionnalité des dispositions : L'arrêt pointe que les dispositions de l'article 235 ter ZCA, déclarées inconstitutionnelles, sont inapplicables et justifient l'annulation de tout commentaire administratif qui leur donnerait effet. Ceci se fonde sur la décision du Conseil constitutionnel, qui stipule que "la déclaration d'inconstitutionnalité prend effet à compter de sa publication et est applicable à toutes les affaires non jugées définitivement à cette date".
3. Répercussions financières sur l'État : Le tribunal a ordonné le versement d'une indemnité à l'AFEP et autres pour aérer le principe du remboursement aux requérants, affirmant qu’il y a "lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État le versement à l'AFEP et autres de la somme de 3 000 euros".
Interprétations et citations légales
- Inconstitutionnalité : Le Conseil constitutionnel a déclaré que "les dispositions du premier alinéa du I de l'article 235 ter ZCA du code général des impôts [...] sont contraires à la Constitution". Cela souligne un principe fondamental selon lequel toute disposition législative contraire à la Constitution doit être annulée et ce, de manière rétroactive pour les affaires en cours non définitivement jugées.
- Droit à restitution : L’importance du droit à restitution est affirmée dans cette décision. Les sociétés demandent le remboursement d'une contribution qui n'aurait pas dû être perçue, ce qui repose sur le principe que "nul ne peut être contraint de payer une somme qui a été déclarée illégitime par le juge constitutionnel".
- Article L. 761-1 du code de justice administrative : Ce texte permet d'allouer des sommes d'argent aux parties gagnantes dans le cadre de procédures administratives. Le tribunal se base sur ce dernier pour justifier le versement de 3 000 euros à l'AFEP et autres, mentionnant que "l'État versera à l'AFEP et autres la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative".
Conclusion
Cette décision met en lumière la capacité des juridictions administratives à se référer à des décisions du Conseil constitutionnel pour annuler des dispositions déclarées inconstitutionnelles. Elle rappelle également l'importance du droit à restitution et l'obligation de l'État de réparer les conséquences d'une législation jugée illégale. Suomen en avant une dynamique juridique entre le contrôle de constitutionnalité et les conséquences pour les acteurs économiques.