Résumé de la décision
Dans cette affaire, Mmes A et B ont demandé à l'Etat français la réparation des préjudices matériels et moraux résultant de leur rapatriement d'Algérie et de la spoliation de leurs biens. Elles se sont pourvues en cassation contre une décision de la cour administrative d'appel de Marseille qui avait rejeté leur appel concernant une ordonnance du tribunal administratif de Montpellier. La Cour a confirmé cette décision, jugeant que les préjudices allégués n'étaient pas de nature à engager la responsabilité de l'Etat, que ce soit sur le fondement d'une faute ou au titre de la promesse non tenue d'indemnisation.
Arguments pertinents
1. Responsabilité pour faute de l'Etat : Les requérantes soutiennent que l'Etat a commis une faute en ne prévoyant pas, lors des "accords d'Evian", une transition suffisante pour les ressortissants français d'Algérie. Cependant, la cour a statué que les préjudices invoqués se rapportaient aux relations internationales, et que ce n'était pas de la compétence de la juridiction administrative d'en prendre connaissance. La cour a affirmé que "les préjudices que les requérantes imputent au contenu des 'accords d'Evian' se rattachent à la conduite des relations entre la France et l'Algérie".
2. Rupture de l'égalité des citoyens devant les charges publiques : Les requérantes ont également évoqué une rupture de l'égalité des citoyens devant les charges publiques. La cour a déterminé que les préjudices allégués n'étaient pas directement causés par l'Etat français, ce qui a justifié le rejet de cette demande. Elle a déclaré qu'il n'appartenait pas à la juridiction administrative de connaître des demandes si le préjudice "ne trouvait pas, en l'espèce, son origine directe dans le fait de l'Etat français".
3. Promesse non tenue par le législateur : Les requérantes ont enfin invoqué une prétendue faute de l'Etat liée à une promesse non tenue d'indemnisation, telle que stipulée dans l'article 4 de la loi du 26 décembre 1961. La cour a précisé que le législateur ne peut pas se lier par une promesse d'intervention législative, rejetant ainsi la possibilité d'une faute administrative. Elle a noté que "une disposition législative posant le principe de l'intervention d'une loi ultérieure ne saurait constituer une promesse dont le non respect constituerait une faute".
Interprétations et citations légales
Concernant les "accords d'Evian" : La cour a précisé que la responsabilité de l'Etat ne pouvait pas être engagée sur le fondement de la faute concernant les relations internationales. Elle a cité que les préjudices "se rattachent à la conduite des relations entre la France et l'Algérie."
Sur l'égalité des citoyens devant les charges publiques : La cour a déclaré que la responsabilité de l'Etat ne saurait être engagée lorsque les préjudices n'ont pas pour origine directe une action de l'Etat, respectant ainsi le principe d'égalité devant les charges publiques.
Sur la promesse non tenue : La cour a указала, "le législateur ne pouvant lui-même se lier, une disposition législative posant le principe de l'intervention d'une loi ultérieure ne saurait constituer une promesse." Cela indique que, malgré la législation prévue, l'absence d'une loi spécifique ne constitue pas une faute engageant la responsabilité de l'Etat.
Mentions légales
- Code de justice administrative - Article L. 761-1 : Cet article stipule que les frais de justice peuvent être mis à la charge de l'Etat dans certaines conditions, mais dans ce cas, les requérantes n'ont pas obtenu gain de cause.