Résumé de la décision :
La société Donnadieu Automobile a contesté des rappels de taxe sur la valeur ajoutée (TVA) dus à l’administration fiscale, qui a requalifié son statut d’intermédiaire transparent en la considérant comme un négociant à titre personnel pour les ventes de véhicules d'occasion importés d'Allemagne. Après un appel devant la cour administrative d'appel de Lyon, qui a confirmé le jugement du tribunal administratif, la société se pourvoit en cassation. La Cour administrative suprême a annulé l'article 2 de l'arrêt de la cour d'appel, retenant que les éléments fournis ne prouvaient pas que Donnadieu Automobile avait acquis les véhicules en son nom propre. En conséquence, elle a renvoyé l'affaire à la cour d'appel et a condamné l'État à verser 3 000 euros à la société au titre des frais de justice.
Arguments pertinents :
1. Statut d’intermédiaire transparent : La cour administrative d'appel a jugé que la société Donnadieu Automobile ne pourrait pas revendiquer son statut d'intermédiaire transparent car elle aurait, selon le jugement, acquis les véhicules en son nom propre plutôt qu'au nom de ses clients. Cependant, la Cour suprême a contredit ce raisonnement en déclarant que les faits et éléments présentés ne justifiaient pas cette requalification. En effet, si "le fait d’assurer ou de faire assurer le convoyage" ne suffisait pas à perdre ce statut, cela en effet soulève des questions sur la qualification d'intermédiaire.
2. Aucun mandat préalable prouvé : La Cour a établi que, bien que la société Donnadieu Automobile ait joué un rôle actif dans la recherche et le suivi des véhicules, cela ne suffisaient pas pour établir qu’elle avait acquis les véhicules pour son propre compte, affirmant que le statut d'intermédiaire aurait pu être maintenu. La distinction entre l'action pour le compte d'autrui et l'action pour soi-même est cruciale dans cette décision.
3. Conséquences fiscales : En définissant la relation entre l'intermédiaire et les clients finaux, la Cour a déterminé que l'absence de preuves solides indiquant que la société avait agi en son propre nom rendait invalide l'assignation de la TVA sur le prix total des véhicules. Cette interprétation est en ligne avec le cadre fiscal établi par le Code général des impôts, soulignant la nécessité d'un lien contractuel clair et d'un mandat explicite.
Interprétations et citations légales :
1. Intervention d'un intermédiaire: Selon l'article 256 bis du Code général des impôts (CGI) : "Un assujetti, agissant en son nom propre mais pour le compte d'autrui, est réputé avoir personnellement acquis et livré le bien." Cette disposition légale affirme le principe selon lequel un intermédiaire peut agir au nom d'un client tout en portant la responsabilité fiscale des transactions.
2. Base d'imposition : L'article 266 du CGI stipule que "la base d'imposition est constituée par le montant total de la transaction" pour les opérations réalisées par un intermédiaire. Cela met en évidence l'impératif fiscal qui s'impose si l'intermédiaire est reconnu comme ayant personnellement acquis les biens.
3. Contradiction au statut d’intermédiaire transparent : La cour a établi, "s'ils étaient de nature à établir que cette société savait ou aurait dû savoir que... ces sociétés... ne pouvaient, dans le circuit de vente... appliquer le régime de la taxation sur la marge," qu'une implication dans des opérations frauduleuses par présomption ne suffit pas à établir un manquement sans preuves solides d'appropriation des biens.
Cette décision réaffirme l'importance des preuves tangibles dans l'établissement du statut d'intermédiaire transparent et souligne la nécessité de respecter les conditions légales établies par le CGI pour déterminer la responsabilité fiscale.