Résumé de la décision
La société José Cauvin, engagée dans des activités de carrosserie et de vente de véhicules, conteste un jugement du tribunal administratif de Nice qui l'a assujettie à des rappels de taxe sur les surfaces commerciales pour les années 2011 et 2012. Elle fait valoir que ses deux sites, situés à des adresses distinctes, ne devraient pas être considérés comme un unique établissement, ce qui dépasserait le seuil de 400 m² d'assujettissement à la taxe. Le Conseil d'État a, cependant, rejeté son pourvoi, confirmant que les deux surfaces doivent être cumulées pour l'assujettissement à la taxe, considérant qu'elles sont exploitées sous un même numéro SIREN et constituent un seul établissement fiscal.
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Arguments pertinents
1. Appréciation souveraine des faits : Le tribunal a établi que la société disposait de deux surfaces de vente (342 m² et 387 m²) et a jugé, sur cette base, qu’elles constituaient un unique établissement. La décision souligne que "le tribunal administratif, après avoir relevé, par une appréciation souveraine non entachée de dénaturation", a correctement interprété les faits.
2. Distinction des numéros SIRET : Il a été statué que la coexistence de deux numéros SIRET pour les différents bâtiments n'a pas d'impact sur l'application de la taxe, éliminant ainsi l'argument de la société selon lequel l'assujettissement pourrait être évité en raison de l'enregistrement distinct des établissements.
3. Prévalence des dispositions de la loi : Le Conseil d'État a indiqué qu’en vertu de l'article 3 de la loi n° 72-657 du 13 juillet 1972, la surface de vente individuelle doit être cumulée lorsque les établissements relèvent d'une même entreprise, précisant que "les deux surfaces de commercialisation (...) constituaient, au sens et pour l'application des dispositions précitées, un unique établissement".
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Interprétations et citations légales
- Loi n° 72-657 - Article 3 : Cet article définit la surface de vente assujettie à la taxe sur les surfaces commerciales. Il stipule que "la surface de vente (...) s'entend des espaces affectés à la circulation de la clientèle pour effectuer ses achats". En indiquant que le cumul des surfaces doit être pris en compte, le tribunal renseigne sur l’importance de considérer l’ensemble des espaces sous un unique statut d'entreprise.
- Code de justice administrative - Article L. 761-1 : Cet article permet à la partie perdante d'obtenir le remboursement des frais qu'elle a engagés pour sa défense. Le Conseil d'État a jugé que les conclusions de la société au titre de cet article ne peuvent être accueillies étant donné le rejet du pourvoi.
- Décret n° 95-85 - Article 1er : Cet article et son interprétation n’ont pas été retenus comme erreurs de droit, renforçant l'idée que les activités commerciales de la société relevant de différentes adresses n'exemptaient pas la société de ses obligations fiscales.
Cette décision souligne la rigueur avec laquelle la loi fiscale est appliquée concernant les surfaces commerciales, notamment en ce qui concerne la définition d'un établissement et la prise en compte des surfaces de vente associées à une même entité juridique.