Résumé de la décision
La société Roanne Energie Naturelle a contesté la conformité à la Constitution du second alinéa du I de l'article 1501 du Code général des impôts, qui exclut les immobilisations acquises ou créées après le 1er janvier 1974 du bénéfice d'une méthode d'évaluation particulière. Elle affirmé que cette exclusion entraînait un traitement inégal des contribuables dans des situations identiques, violant les principes d'égalité devant la loi fiscale et les charges publiques. Le Conseil d'État a conclu qu'il n'y avait pas lieu de renvoyer la question au Conseil constitutionnel, estimant que la différence de traitement était inhérente à des régimes juridiques distincts et ne contrevenait pas aux principes invoqués.
Arguments pertinents
1. Absence de caractère sérieux de la question : Le Conseil d'État a jugé que la question soulevée par la société Roanne Energie Naturelle, relative à la discrimination fiscale, ne présentait pas de caractère sérieux. Le jugement repose sur l'idée que la différence de traitement entre les contribuables, selon que les immobilisations ont été acquises avant ou après le 1er janvier 1974, est justifiée par des évolutions législatives.
> "La différence de traitement entre les contribuables... selon que ces immobilisations ont été acquises ou créées avant ou après le 1er janvier 1974 est inhérente à la succession de régimes juridiques dans le temps."
2. Précisions sur les textes de loi : Le Conseil a rappelé que l'article 1501 du code général des impôts permet des modalités particulières d’évaluation pour les immobilisations industrielles, et que la loi de décembre 1989 a précisé que les méthodes particulières d’évaluation cessaient d’être applicables aux immobilisations acquises ou créées après 1974.
> "Les méthodes particulières d'évaluation mentionnées au premier alinéa de l'article 1501 cessaient d'être applicables aux immobilisations acquises ou créées à compter du 1er janvier 1974."
Interprétations et citations légales
- Code général des impôts - Article 1501 : Cet article habilite le pouvoir réglementaire à établir des modalités d’évaluation pour des catégories spécifiques de biens. La règle posée par cet article relatif à l’évaluation des immobilisations industrielles a été mise en tension avec les principes d'égalité, invoqués par l’entreprise requérante.
- Loi n° 89-936 du 29 décembre 1989 : Le dernier alinéa de cet article précise que la divergence de traitement pour les immobilisations acquises à partir de 1974 a un caractère interprétatif. Cela signifie que l’intention du législateur de modifier le régime d'évaluation des biens, sous certaines conditions, a été jugée conforme aux principes de la loi.
- Constitution - Article 61-1 : Cet article précise les conditions pour soulever une question prioritaire de constitutionnalité, à savoir que la loi contestée doit être applicable au litige et qu’elle ne doit pas avoir déjà été déclarée conforme.
En conclusion, le Conseil d'État a considéré qu'il n'y avait pas matière à renvoyer au Conseil constitutionnel la question prioritaire de constitutionnalité soulevée par la société Roanne Energie Naturelle, en raison de l'absence d'un caractère sérieux et de l'invalidité des arguments relatifs à l'égalité de traitement des contribuables.