Résumé de la décision
Cette décision concerne un litige entre la société Rungis Stocks et la société Semmaris relativement à l'occupation d'un terrain sur le marché d'intérêt national de Rungis. Rungis Stocks a contesté un arrêt rendu par la cour administrative d'appel de Paris, qui avait rejeté sa demande d'annulation d'une convention d'occupation du domaine public. Cette convention avait été conclue entre Semmaris et la société Immostef après l'incendie d'un entrepôt de Rungis Stocks. La Cour a annulé l'arrêt du 11 mai 2020, en raison d'une omission de la cour d'appel de prendre en compte un mémoire déposé par Rungis Stocks postérieurement à la clôture de l'instruction, reconnaissant ainsi la nécessité pour le juge de rouvrir l'instruction lorsque des pièces pertinentes sont produites après la clôture.
Arguments pertinents
1. Omission de viser un mémoire : La décision souligne que la cour administrative d'appel a omis de viser un mémoire déposé par Rungis Stocks après l'audience. Cette omission constitue une irrégularité procédurale grave. La décision précise que « le juge administratif a toujours la faculté de rouvrir l'instruction... lorsqu'il est saisi d'une production postérieure à la clôture de celle-ci ».
2. Renvoi de l'affaire : L'arrêt annule celui de la cour d'appel et renvoie l'affaire à cette même cour pour qu'elle prenne en compte le mémoire de Rungis Stocks et examine son contenu. Cela témoigne d'une volonté de respecter le principe du contradictoire et d'assurer une bonne administration de la justice.
3. Absence d'indemnisation : La décision indique qu'il n'y a pas lieu d'octroyer des sommes au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, car la société Rungis Stocks n'est pas la partie perdante. Cela montre que l'indemnisation n'est pas automatique et dépend des résultats du litige.
Interprétations et citations légales
1. Sur la clôture de l'instruction : L’article R. 613-2 du code de justice administrative stipule : « Si le président de la formation de jugement n'a pas pris une ordonnance de clôture, l'instruction est close trois jours francs avant la date de l'audience... » Cela implique que la clôture de l'instruction est formelle et doit être respectée, mais qu'il existe des mécanismes pour garantir que toutes les productions pertinentes soient examinées.
2. Rouvrir l'instruction : Selon l'article R. 613-3 du même code, « Les mémoires produits après la clôture de l'instruction ne donnent pas lieu à communication, sauf réouverture de l'instruction ». Cela met en évidence le pouvoir discrétionnaire du juge de rouvrir l'instruction, visant à garantir une décision juste et éclairée.
3. Droit à la défense : La décision réaffirme le principe fondamental du droit à la défense dans le cadre des procédures administratives, stipulant que « S'il décide d'en tenir compte, il rouvre l'instruction et soumet au débat contradictoire les éléments contenus dans cette production ». Cela démontre l'importance d'une procédure équitable.
Cette décision illustre comment les principes de procédure et de respect des droits des parties sont essentiels dans le fonctionnement du droit administratif, en garantissant que toutes les pièces d'un dossier puissent être dûment examinées avant qu'une décision ne soit rendue.