Résumé de la décision
La décision concerne une question prioritaire de constitutionnalité soulevée par la société PalmElit, portant sur les dispositions du code général des impôts relatives au crédit d'impôt pour la recherche. La société contestait le fait que seules les dépenses de recherche localisées dans l'Union européenne ou dans des Etats EEE ayant conclu une convention d'assistance avec la France soient éligibles au crédit d'impôt, estimant que cela méconnaissait les principes d'égalité devant la loi et d'égalité devant les charges publiques. Le tribunal a estimé que la condition de territorialité établie par la loi trouvait sa justification dans un objectif d'intérêt général, à savoir inciter les entreprises à maintenir leurs opérations de recherche en France ou dans lesdits territoires. Par conséquent, la question n'a pas été jugée sérieuse et n'a pas été renvoyée au Conseil constitutionnel.
Arguments pertinents
1. Différence de traitement justifiée : Le Tribunal a affirmé que "le législateur avait initialement entendu, par le dispositif du crédit d'impôt en faveur de la recherche, inciter les entreprises à localiser, maintenir et développer leurs opérations de recherche sur le territoire national". Cette affirmation souligne l'objectif premier de la loi, qui est de favoriser l'innovation sur le territoire français.
2. Critères objectifs et rationnels : Il a été souligné que "la différence de traitement établie par les dispositions contestées, qui repose sur des critères objectifs et rationnels au regard de l'objectif d'intérêt général...est en rapport direct avec l'objet de la loi". Cela indique que le législateur a justifié son choix en fonction de critères pertinents pour atteindre ses fins sans engendrer de rupture d'égalité.
3. Interprétation de la condition de territorialité : Le tribunal a observé que "il existe, au regard de l'objet de la loi, une différence de situation entre les entreprises qui localisent leurs opérations de recherche sur le territoire des Etats visés... et celles qui les localisent sur le territoire d'un Etat tiers". Cela montre que la loi vise à privilégier des lieux de recherche reconnus pour leur coopération en matière fiscale.
Interprétations et citations légales
1. Code général des impôts - Article 244 quater B : Cet article prévoit que "les entreprises peuvent bénéficier d'un crédit d'impôt au titre des dépenses de recherche qu'elles exposent...". Le public visé par cette disposition est restreint aux entreprises dont les activités de recherche sont localisées dans des territoires avec des conventions d'assistance, ce qui témoigne d'une volonté législative de contrôler les flux financiers et d'encourager la recherche sur le territoire national ou dans un certain cadre.
2. Principe d'égalité : Comme établi dans la décision, "les principes constitutionnels d'égalité devant la loi et d'égalité devant les charges publiques ne s'opposent...à ce que le législateur règle de façon différente des situations différentes". Cela pose la base de l'analyse constitutionnelle, permettant d'examiner non seulement si la loi favorise certaines situations, mais également si ces distinctions sont justifiées et cohérentes.
3. Intérêt général : Le tribunal a précisé que "la différence de traitement qui en résulte soit en rapport direct avec l'objet de la loi qui l'établit", renforçant l'idée que les choix législatifs, bien qu'apparaissant discriminatoires à première vue, peuvent être légitimes si fondés sur un objectif d'intérêt général, en l'occurrence, le soutien à la recherche et à l'innovation en France.
En conclusion, la décision souligne que la discrétion législative est légitime lorsqu'elle se base sur des critères objectifs visant à protéger l'intérêt général, et que les contestations sur des bases d'égalité doivent prendre en compte l'objectif spécifique de la loi incriminée.