Résumé de la décision
La décision porte sur le pourvoi de la société SOFIZA, qui contestait un arrêt de la cour administrative d'appel de Versailles, refusant d'appliquer les dispositions du code général des impôts permettant un crédit d'impôt pour les dépenses de recherche sur les nouvelles collections. La société invoquait une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) portant sur la conformité de certaines dispositions fiscales aux principes d’égalité devant la loi et devant les charges publiques. Le Conseil d'État a jugé que la QPC n'était pas recevable et a rejeté le pourvoi de la société au motif que les moyens invoqués n'étaient pas fondés.
Arguments pertinents
1. Recevabilité de la QPC : Le Conseil d'État a rappelé que pour qu'une QPC soit examinée, il faut que la disposition contestée soit applicable au litige, qu'elle n'ait pas déjà été déclarée conforme à la Constitution, et que la question soit nouvelle ou sérieuse. En l'espèce, la disposition en question avait déjà été jugée conforme par le Conseil constitutionnel dans une décision antérieure.
- Citation pertinente : "Il en résulte que la disposition contestée par la société requérante a été déclarée conforme à la Constitution dans les motifs et le dispositif d'une décision du Conseil constitutionnel."
2. Reproches de la société SOFIZA : La société a soutenu que la cour a commis plusieurs erreurs de droit dans son appréciation de la situation de la société au regard des articles fiscaux. Cependant, le Conseil d'État a considéré que ces moyens ne justifiaient pas l'admission du pourvoi.
- Citation pertinente : "Aucun de ces moyens n'est de nature à justifier l'admission du pourvoi."
Interprétations et citations légales
1. Article 23-5 de l'ordonnance du 7 novembre 1958 : Cet article fixe les conditions de recevabilité d'une QPC au Conseil d'État. Il est essentiel de s'assurer qu'aucun élément ne contredise les conditions fixées pour que la question soit soumise au Conseil constitutionnel.
- Citation : "Le moyen tiré de ce qu'une disposition législative porte atteinte aux droits et libertés garantis par la Constitution peut être soulevé (...) à l'occasion d'une instance devant le Conseil d'Etat."
2. Article 244 quater B du code général des impôts : Cet article établit les conditions d'octroi d'un crédit d'impôt pour les dépenses de recherche, en se focalisant sur les entreprises industrielles. Le Conseil constitutionnel avait précédemment validé l'exclusion des entreprises ne répondant pas à ce critère en raison de l’objectif de soutenir spécifiquement l’industrie manufacturière.
- Citation : "En réservant le bénéfice de cet avantage aux entreprises industrielles, qui sont dans une situation différente des entreprises commerciales, le législateur s'est fondé sur un critère objectif et rationnel en rapport avec l'objet de la loi."
3. Article L. 822-1 du code de justice administrative : Cet article précise la procédure d'admission des pourvois en cassation, stipulant que ceux-ci peuvent être refusés s'ils ne reposent pas sur des moyens sérieux. Le Conseil d'État était donc en droit de rejeter le pourvoi de la société SOFIZA sur cette base.
- Citation : "Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux."
Dans cette décision, le Conseil d'État a ainsi confirmé la position antérieure du Conseil constitutionnel sur la conformité des dispositifs fiscaux contestés tout en soulignant l'irrecevabilité des nouveaux moyens soulevés par la société SOFIZA.