Résumé de la décision
La société belge Fibelpar a perçu des dividendes d'entreprises françaises, soumis à une retenue à la source de 15 %. Après avoir demandé la restitution sans succès, elle a saisi le tribunal administratif, qui a rejeté la demande pour tardiveté. Fibelpar a formé un pourvoi en cassation, mais elle a été absorbée par la société Compagnie Nationale à Portefeuille (CNP) avant l'introduction de son pourvoi. Le Conseil d'État a jugé le pourvoi irrecevable, ainsi que l'intervention de CNP, et a refusé d'imposer des frais à l'État, celui-ci n'étant pas la partie perdante.
Arguments pertinents
1. Irrecevabilité du pourvoi : Le Conseil d'État a retenu que la société Fibelpar, ayant été absorbée avant l'introduction du pourvoi, n'avait plus d'existence légale pour agir. Cela a conduit à l'irrecevabilité du pourvoi :
> "la société Fibelpar n'avait plus d'existence légale à la date d'introduction de son pourvoi en cassation le 23 novembre 2018".
2. Irrecevabilité de l'intervention : Étant donné que le pourvoi de Fibelpar était irrecevable, l'intervention de CNP, qui a tenté de prendre le relais après l'expiration du délai pour se pourvoir, a également été jugée irrecevable :
> "l'intervention volontaire de la société Compagnie Nationale à Portefeuille est elle-même irrecevable".
3. Frais de justice : Le Conseil d'État a également statué qu'aucune somme ne serait mise à la charge de l'État au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, soulignant que l'État n'était pas la partie perdante dans cette instance :
> "Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à ce titre à la charge de l'État qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante".
Interprétations et citations légales
- Existence légale et capacité à agir : L'absence d'existence juridique de Fibelpar à la date du pourvoi en cassation constitue un élément central. Le principe selon lequel une personne morale doit exister pour agir judiciairement trouve ses racines dans les textes de droit societaire, mais il est également renforcé par la jurisprudence administrative.
- Code de justice administrative - Article L. 761-1 : Ce texte stipule que les frais de justice sont à la charge de la partie perdante. Il est essentiel dans cette décision, car le Conseil a statué que l'État ne pouvait être considéré comme partie perdante :
> "Les dispositions de l'article L. 761-1… font obstacle à ce qu'une somme soit mise à ce titre à la charge de l'État".
- Convention fiscale entre la France et la Belgique : Bien que non au cœur de la décision, elle évoque le cadre légal sous-jacent de la problématique fiscale soulevée, démontrant l'importance d'une correcte interprétation et application des conventions internationales en matière de double imposition.
Cet ensemble d'arguments et d'interprétations permet de comprendre non seulement le résultat de la décision, mais aussi les principes juridiques qui la gouvernent et les implications pour les sociétés concernées.