Résumé de la décision
M. et Mme A... ont contesté un jugement du tribunal administratif de Pau en date du 14 octobre 2014 qui rejetait leur demande de décharge de l'obligation de payer la taxe foncière et la taxe d'habitation pour l'année 2009. Ils soutenaient que l'avis à tiers détenteur émis par l'administration pour le recouvrement de leurs impôts était irrégulier. La cour a confirmé le jugement, considérant que les requérants n'étaient pas fondés à demander son annulation, et a indiqué que les frais de justice ne pouvaient être mis à la charge de l'État.
Arguments pertinents
1. Compétence du juge : La cour a souligné que, selon le Code des procédures fiscales, le juge de l'impôt n'est pas compétent pour examiner la régularité en la forme d'un acte de poursuite. Ainsi, un moyen relatif à la régularité de l'avis à tiers détenteur ne pourrait pas être accueilli dans le cadre d'une demande de contestation de l'obligation de paiement. La cour a affirmé : « le tribunal n'a pas méconnu les dispositions de l'article L. 281 du livre des procédures fiscales en écartant comme inopérant le moyen tiré de la régularité en la forme ».
2. Imputation des paiements : Concernant le paiement que les époux A... avaient effectué, la cour a constaté que les requérants n'avaient pas spécifié les impositions à acquitter, ce qui a conduit l'administration à ventiler ce paiement en fonction des dettes en souffrance. Le tribunal a déclaré : « les requérants ne contestaient pas la méthode d'imputation appliquée par l'administration », conduisant à leur maintien de la dette concernant la taxe foncière et la taxe d'habitation de l'année 2009.
3. Nouvelle argumentation : La cour a rejeté un argument basé sur l'imputation des paiements non conforme aux dispositions du Code civil, affirmant qu'il s'agissait d'une argumentation nouvelle et, par conséquent, inopérante au stade de la cassation.
Interprétations et citations légales
1. L'article L. 281 du livre des procédures fiscales stipule que : « Les contestations relatives au recouvrement des impôts... doivent être adressées à l'administration dont dépend le comptable qui exerce les poursuites. » Cette disposition clarifie que le juge de l'impôt ne peut pas connaître du contentieux relatif à la régularité en la forme d'actes de poursuite.
2. Le Code civil - Article 1256 a été invoqué par les requérants pour soutenir que l'imputation effectuée par l'administration n'était pas conforme. Cependant, la cour a précisé que cet article ne constitue pas un principe d'ordre public et que cet argument était nouveau en cassation, le rendant inopérant.
3. L'article L. 761-1 du code de justice administrative stipule que : « Dans les litiges où la partie perdante ne peut être l'État, aucune somme ne peut lui être mise à la charge au titre des frais d'instance. » En conséquence, la cour a décliné toute demande de mise à la charge des frais de justice à l'État, en rappelant que l'État n'était pas la partie perdante dans cette affaire.
En somme, la décision de la cour souligne l'importance de la compétence juridictionnelle en matière fiscale et la nécessité pour les contribuables de clairement désigner leurs obligations lors de paiements.