Résumé de la décision
Dans cette affaire, M. et Mme B... se pourvoient en cassation contre un arrêt de la cour administrative d'appel de Lyon qui a rejeté leur requête en annulation d'un jugement du tribunal administratif de Grenoble. Ce jugement avait rejeté leur demande de décharge d'impositions supplémentaires établies à leur encontre pour des virements de 170 000 euros, considérés par l'administration comme des revenus distribués et non justifiés dans le cadre des opérations de placement à haut risque (CFD) menées par M. B... en son nom propre. La cour a confirmé le bien-fondé des impositions et la pénalité de 40 % pour manquement délibéré.
Arguments pertinents
1. Absence de mandat : La cour a constaté l'absence de tout mandat de M. B... pour agir au nom de la SARL Agemi concernant les opérations de placement. Elle a souligné que « l'administration faisait valoir sans être contredite que la société ne disposait d'aucun moyen d'exiger la restitution des sommes versées ou des éventuels gains réalisés sur le compte de courtage. »
2. Appréciation souveraine : La cour a exercé un contrôle d'appréciation sur les faits du dossier, concluant que les virements litigieux représentaient une libéralité et un acte anormal de gestion, « en écartant comme dénuées de valeur probante » certains éléments de preuve proposés par M. B....
3. Motivation suffisante des décisions : La cour a jugé que l'administration avait apporté la preuve de l'intention de la société d'octroyer une libéralité et que les virements avaient conduit à une diminution du chiffre d'affaires de la société. Les juges ont ainsi suffisamment motivé leur décision.
Interprétations et citations légales
1. Sur les actes anormaux de gestion : L'administration fiscale a qualifié les virements de M. B... comme des « actes anormaux de gestion » entraînant des pertes injustifiées. Cette qualification est soutenue par le Code général des impôts - Article 111, qui établit que les revenus distribués sont imposables.
2. Sur les pénalités pour manquement délibéré : La cour a jugé que l'administration avait respecté les conditions requises pour l'application de la pénalité prévue à l'article 1729 du Code général des impôts, qui stipule que des pénalités peuvent être appliquées en cas de manquement délibéré. « L'administration avait établi l'existence d'un manquement délibéré justifiant l'infliction de la pénalité de 40 % prévue par l'article 1729. »
3. Principe de contrôle des actes juridiques : Le principe selon lequel il incombe à la société de prouver l'existence d'un acte de gestion valable se réfère au Code civil - Article 1134, concernant la force obligatoire des contrats, ainsi qu'à la jurisprudence qui impose la charge de la preuve des actes faits au nom d'une société.
En conclusion, la décision confirmée par la cour administrative d'appel a basé ses raisons sur le manque de fondements juridiques pour les placements effectués par M. B..., ainsi que sur des éléments de preuve insuffisants pour annuler les décisions fiscales prises contre lui et sa compagne.