Résumé de la décision
La SAS Rhodia Opérations a contesté des rectifications fiscales concernant des déficits déclarés pour les exercices clos en 2007 et 2008. Le tribunal administratif de Montreuil a favorablement statué sur sa demande de rétablissement de ces déficits. Le ministre de l'économie et des finances a interjeté appel, mais la cour administrative d'appel de Versailles a rejeté son recours. Par la suite, le ministre a saisi le Conseil d'Etat pour annuler cette décision. Le Conseil d'Etat, en examinant le dossier, a confirmé que Rhodia Opérations avait qualité pour contester la rectification, tout en rejetant les pourvois du ministre et en condamnant l'Etat à verser 3 000 euros à la société.
Arguments pertinents
1. Recevabilité de la société membre du groupe : Le Conseil d'Etat a précisé que, selon l'article 223 A du Code général des impôts, une société membre d'un groupe fiscalement intégré est recevable à contester la rectification de son résultat déficitaire, tant qu'il n’y a pas d’imposition supplémentaire à la charge de la société mère. Le jugement a ainsi insisté sur le principe que « lorsqu'une imposition supplémentaire a été acquittée par la société mère, la société membre du groupe n'est plus susceptible de se voir réclamer le paiement de cette imposition ».
2. Qualité pour agir : Le Conseil d'Etat a également souligné que ni la SAS Rhodia Opérations ni sa société mère, la société Rhodia SA, n'étaient passibles d'impositions supplémentaires, ce qui confère aux deux sociétés la possibilité de contester la décision de l'administration fiscale.
Interprétations et citations légales
1. Article 223 A du Code général des impôts : Cet article expose les conditions sous lesquelles une société peut constituer un groupe fiscalement intégré et précise la responsabilité solidaire des membres. La décision reprend et interprète ce texte en insistant sur les aspects de la redevabilité et de la contestation des impositions :
- « Il résulte de ces dispositions que lorsque qu'une imposition supplémentaire a été acquittée par la société mère, la société membre du groupe n'est plus susceptible de se voir réclamer le paiement de cette imposition ».
2. Article L. 190 du Livre des procédures fiscales : Cet article permet la réclamation visant au rétablissement d’un résultat déficitaire, renforçant le droit de la SAS Rhodia Opérations de contester la rectification même en étant une société membre d’un groupe. Le Conseil d'Etat a conclu que : « tant la société mère que la société membre du groupe ont qualité [...] pour contester la rectification de ce résultat déficitaire ».
Cette analyse fait ressortir les principes juridiques pertinents dans le cadre des groupes fiscaux intégrés, ainsi que la capacité d'une société membre de contester des décisions affectant son résultat déficitaire en l’absence de charge supplémentaire pour la société mère.