Résumé de la décision
Dans cette affaire, l’association Oxygène a formé un pourvoi en cassation contre un arrêt de la cour administrative d’appel de Paris, qui confirmait la décision du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) refusant d'ouvrir à la diffusion un service radiophonique sur certaines fréquences dans la zone de Fontainebleau. L'association conteste les motifs du refus, arguant que la cour a dénaturé les pièces du dossier, insuffisamment motivé son arrêt, méconnu son office, et commis des erreurs de droit. Le Conseil d’État a décidé d’admettre le pourvoi en ce qui concerne la légalité du refus d'ouvrir une fréquence autre que les fréquences 89,3 MHz et 107 MHz, mais a rejeté les autres argumentations.
Arguments pertinents
1. Déformation des pièces du dossier : L’association Oxygène a soutenu que la cour a mal interprété les éléments de preuve en affirmant qu’un risque de brouillage affecterait un grand nombre d’auditeurs. Le Conseil d’État a pris note de ces préoccupations, soulignant que "la cour administrative d’appel a dénaturé les pièces du dossier".
2. Insuffisance de motivation : Le manque de raisons détaillées quant à la gestion des écart de fréquence a été relevé. Le Conseil d’État a estimé qu'il était essentiel que la cour justifie son raisonnement.
3. Mésinterprétation de l’office du juge : L’association a soutenu que la cour aurait dû diligenter une expertise plutôt que de se contenter de rejeter la requête au motif d’un manque de preuve. Le Conseil d’État a reconnu ce point, indiquant que "il lui appartenait de diligenter les éventuelles mesures d'instruction".
4. Erreur de droit sur la charge de la preuve : Selon l’association, la cour aurait placé la charge de la preuve sur elle, au lieu de l’exiger du CSA. Le Conseil d’État a convenu que le CSA devait prouver l'absence de fréquences disponibles.
5. Recherche sur l’ensemble du spectre hertzien : Il a été contesté que le CSA ne procède pas à une recherche exhaustive sur les fréquences disponibles. Le Conseil a estimé que cela était dans le champ de responsabilité du CSA.
Interprétations et citations légales
1. Article L. 822-1 du code de justice administrative : Cet article stipule qu’un pourvoi en cassation doit passer par une procédure préalable d’admission, qui peut être refusée si le pourvoi est jugé irrecevable ou sans fondement sérieux.
> "Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux."
2. Responsabilité du CSA : L’article de loi précisé par la partie requérante en lien avec le devoir de justification du CSA quant aux fréquences disponibles montre l’importance d’une procédure rigoureuse dans l’attribution de fréquences.
3. Office du juge : Le raisonnement du Conseil d’État sur le rôle du juge met en lumière la nécessité pour les juridictions administratives d’exiger des preuves et d’une motivation suffisante dans leurs décisions. Cette position repose sur le principe que le juge doit s’assurer de l'exhaustivité des mesures d’instruction.
Ces éléments montrent non seulement la complexité des litiges administratifs concernant les fréquences de diffusion, mais aussi l’importance de la justification et de la transparence dans les décisions des autorités régulatrices comme le CSA.