Résumé de la décision
La société French Wholesale Stores a contesté devant le tribunal administratif d’Amiens une évaluation de la valeur locative de son immeuble situé à Gauchy. Le tribunal a, à tort, confirmé cette évaluation sans vérifier si le terme de comparaison utilisé était effectivement soumis à des conditions de prix normales. Le Conseil d'État a annulé le jugement en raison de cette erreur de droit, ordonnant le renvoi de l'affaire au tribunal administratif d'Amiens et condamnant l'État à verser 3 000 euros à la société au titre des frais de justice.
Arguments pertinents
L’élément central du litige réside dans l'application de l'article 1498 du code général des impôts concernant la détermination de la valeur locative des biens. L'erreur du tribunal s'est manifestée dans le fait qu'il n'a pas vérifié si les conditions de location du local-type retenu pour établir la comparaison avec l'immeuble de la société étaient normales. En se fondant uniquement sur le local-type sans enquête sur son prix de location au 1er janvier 1970, le tribunal a manqué à son obligation de motivation quant à la conformité des références choisies.
Citation pertinente : "en jugeant que l'administration avait pu à bon droit retenir comme terme de comparaison... sans rechercher... si ce local était loué à des conditions de prix normales", ce qui constitue une "erreur de droit".
Interprétations et citations légales
L'article 1498 du code général des impôts détermine comment établir la valeur locative des biens. En effet, il précise que pour certains biens, "la valeur locative est déterminée par comparaison" avec d'autres propriétés similaires. Toutefois, cette méthode nécessite de vérifier que les termes de comparaison choisis correspondent à des baux à des conditions normales. En conséquence, l'administration doit prouver que les locaux pris en référence respectaient ces conditions.
Citation légale : Code général des impôts - Article 1498 : "Pour les biens loués à des conditions de prix anormales... la valeur locative est déterminée par comparaison."
Ainsi, un manquement à cette vérification peut être qualifié d'erreur de droit, justifiant l’intervention du juge supérieur pour réexaminer la question soumise. L’importance de respecter cette procédure garantit une évaluation juste et équitable de la valeur locative, plutôt que de se fier à des hypothèses non vérifiées. Ce principe est renforcé par la jurisprudence qui exige de la part des juridictions un contrôle rigoureux des motifs justifiant une telle évaluation.