Résumé de la décision
Mme A B a saisi le juge des référés du Conseil d'État pour demander l'annulation du décret n° 2022-782 du 4 mai 2022, qui modifie le code général des impôts, en invoquant une atteinte au secret bancaire et à d'autres libertés fondamentales. Elle a également demandé la suspension de tout jugement découlant de ce décret. Le juge des référés a rejeté sa requête, considérant que les conclusions d'annulation étaient manifestement irrecevables et que les demandes de suspension n'étaient pas suffisamment précises pour permettre une appréciation adéquate.
Arguments pertinents
1. Irrecevabilité des conclusions d'annulation : Le juge a souligné que, selon l'article L. 511-1 du code de justice administrative, il ne peut pas prononcer l'annulation d'une décision administrative dans le cadre d'une procédure de référé. Ainsi, les demandes d'annulation de Mme B étaient manifestement irrecevables.
2. Imprécision des demandes de suspension : En ce qui concerne la demande de suspension, le juge a noté que Mme B ne précisait pas suffisamment les jugements qu'elle souhaitait voir suspendus, ce qui rendait ses conclusions également manifestement irrecevables. Le juge a affirmé que "Mme B ne met pas le juge des référés du Conseil d'État à même d'apprécier la portée des conclusions dont il est saisi".
Interprétations et citations légales
1. Article L. 521-2 du code de justice administrative : Cet article permet au juge des référés d'ordonner des mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale, à condition que la demande soit justifiée par l'urgence. Le juge a rappelé que "le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée".
2. Article L. 511-1 du code de justice administrative : Cet article stipule que les mesures ordonnées par le juge des référés doivent être provisoires. Le juge a précisé que "de telles mesures doivent, ainsi que l'impose l'article L. 511-1 du même code, présenter un caractère provisoire", ce qui exclut la possibilité d'annuler une décision administrative.
En conclusion, la décision du juge des référés repose sur une interprétation stricte des conditions de recevabilité des demandes en référé, en mettant l'accent sur la nécessité de précision et de clarté dans les conclusions présentées.