Résumé de la décision
M. B A a saisi le tribunal administratif de Paris pour annuler la décision du président de la Fondation nationale des sciences politiques, qui avait refusé de lui communiquer un document relatif à la politique de prévention et de lutte contre le harcèlement et les violences sexuelles et sexistes. Par un jugement du 17 novembre 2022, le tribunal a annulé cette décision et a ordonné la communication du document, sous réserve de l'occultation de certaines mentions. La Fondation a alors formé un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État, qui a jugé que les moyens soulevés par la Fondation n'étaient pas de nature à permettre l'admission du pourvoi. En conséquence, le pourvoi n'a pas été admis et la demande de sursis à exécution est devenue sans objet.
Arguments pertinents
1. Sur la tardiveté du recours : La Fondation soutenait que le tribunal avait commis une erreur en considérant que le recours de M. A n'était pas tardif. Le Conseil d'État a rejeté cet argument, affirmant que le tribunal avait correctement évalué la situation.
2. Sur la nature du document : La Fondation a contesté la qualification du document comme étant administratif, arguant qu'il était détenu par une personne morale de droit privé. Le Conseil d'État a estimé que cette qualification était justifiée, sans entrer dans le détail du document.
3. Sur l'occultation des mentions : La Fondation a critiqué le jugement pour avoir jugé que l'occultation de certaines mentions ne faisait pas perdre tout intérêt à la communication. Le Conseil d'État a considéré que le tribunal avait agi dans le cadre de son office.
4. Sur la motivation du jugement : La Fondation a également soulevé une insuffisance de motivation concernant les données statistiques contenues dans le document. Le Conseil d'État a jugé que cet argument n'était pas fondé.
Interprétations et citations légales
1. Code de justice administrative - Article L. 822-1 : Cet article stipule que "le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission". Le Conseil d'État a appliqué cet article pour évaluer la recevabilité du pourvoi, en précisant que l'admission peut être refusée si le pourvoi est irrecevable ou non fondé sur un moyen sérieux.
2. Code des relations entre le public et l'administration - Article L. 311-6 : Cet article concerne les exceptions à la communication des documents administratifs, notamment en ce qui concerne la protection de la vie privée. Le Conseil d'État a fait référence à cet article pour examiner les arguments de la Fondation concernant l'identification des personnes dans les données statistiques.
3. Sur la qualification des documents : Le Conseil d'État a rappelé que la qualification d'un document comme administratif dépend de son lien avec la mission de service public. La Fondation a soutenu que le document n'avait pas de lien direct avec cette mission, mais le Conseil a jugé que le tribunal avait correctement qualifié le document.
En conclusion, le Conseil d'État a confirmé la décision du tribunal administratif, rejetant les arguments de la Fondation et soulignant l'importance de la transparence dans la communication des documents administratifs, tout en respectant les droits à la vie privée.