Résumé de la décision
L'Union de coopératives agricoles (UCA) "La Quercynoise" a contesté deux arrêts de la cour administrative d'appel de Toulouse, qui avaient rejeté ses demandes de décharge de la cotisation foncière des entreprises et de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises pour les années 2017 et 2018. Le Conseil d'État, par une décision rendue le 17 juillet 2023, a déclaré les pourvois de l'UCA irrecevables, ne trouvant pas de moyens sérieux justifiant l'admission des pourvois.
Arguments pertinents
1. Méconnaissance des dispositions fiscales : L'UCA soutenait que la cour avait méconnu l'article 1451 du code général des impôts en considérant qu'elle ne faisait pas partie des organismes bénéficiant d'un agrément ministériel, malgré son agrément par arrêté du ministre de l'agriculture. Le Conseil d'État a jugé que ce moyen n'était pas suffisant pour admettre le pourvoi.
2. Irrégularité procédurale : L'UCA a également argué que la cour avait statué ultra petita et avait relevé d'office un moyen qui n'était pas d'ordre public, sans en informer les parties. Le Conseil d'État a estimé que ce moyen ne permettait pas non plus l'admission des pourvois.
Interprétations et citations légales
1. Article L. 822-1 du code de justice administrative : Cet article stipule que "le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission". Le Conseil d'État a appliqué cette disposition pour évaluer la recevabilité des pourvois, concluant qu'aucun des moyens avancés par l'UCA n'était de nature à justifier leur admission.
2. Article 1451 du code général des impôts : Cet article définit les conditions d'agrément des organismes pour bénéficier de certaines exonérations fiscales. La cour a jugé que l'UCA, bien qu'agréée, ne remplissait pas les conditions requises par le 3° du I de cet article, ce qui a été confirmé par le Conseil d'État.
3. Article R. 611-7 du code de justice administrative : Cet article traite des irrégularités procédurales. Le Conseil d'État a noté que l'argument de l'ultra petita et du moyen relevé d'office n'était pas fondé, car il ne constituait pas une violation des droits de la défense.
En conclusion, le Conseil d'État a rejeté les pourvois de l'UCA "La Quercynoise", considérant que les arguments avancés ne permettaient pas d'établir une méconnaissance des dispositions légales ou une irrégularité procédurale suffisante pour justifier l'admission des pourvois.