Résumé de la décision
M. A B et Mme C B ont contesté devant le tribunal administratif de Versailles des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales pour les années 2015 et 2016, ainsi que les pénalités associées. Leur demande a été rejetée par un jugement du 7 juin 2022. L'appel qu'ils ont formé a également été rejeté par la présidente de la 3ème chambre de la cour administrative d'appel de Versailles par une ordonnance du 12 janvier 2023. M. et Mme B ont ensuite saisi le Conseil d'État pour annuler cette ordonnance, mais leur pourvoi a été déclaré irrecevable.
Arguments pertinents
1. Dénaturation des pièces et erreur de droit : M. et Mme B ont soutenu que la cour avait dénaturé les pièces du dossier en considérant que les sommes en litige étaient des revenus imposables et non des donations. Ils ont affirmé que la présidente avait commis une erreur en jugeant qu'ils n'avaient pas prouvé que ces sommes provenaient de donations.
2. Contradictions dans les explications : Ils ont également contesté le raisonnement de la cour qui s'appuyait sur des explications jugées contradictoires fournies lors de la procédure de contrôle, arguant que cela ne pouvait pas justifier l'exclusion de la nature de donation des sommes.
3. Absence d'intention libérale : Enfin, ils ont critiqué la décision de la cour qui a exclu l'existence d'une intention libérale de la part des donateurs en se basant sur l'absence de déclaration des dons, en vertu de l'article 635 A du code général des impôts.
Le Conseil d'État a conclu que ces moyens n'étaient pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.
Interprétations et citations légales
1. Article L. 822-1 du code de justice administrative : Cet article stipule que "le pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat fait l'objet d'une procédure préalable d'admission". Il précise que l'admission peut être refusée si le pourvoi est irrecevable ou non fondé sur un moyen sérieux. Cela établit le cadre procédural dans lequel le Conseil d'État a examiné la demande de M. et Mme B.
2. Article 635 A du code général des impôts : Cet article concerne les obligations déclaratives relatives aux dons. La cour a utilisé cet article pour justifier l'absence d'intention libérale, soulignant que l'absence de déclaration des dons pouvait être interprétée comme un indice contre l'existence d'une telle intention.
3. Erreurs de droit : Le Conseil d'État a noté que les arguments de M. et Mme B, bien qu'ils puissent sembler pertinents, ne constituaient pas des erreurs de droit suffisamment substantielles pour justifier l'admission du pourvoi. Cela souligne l'importance de la rigueur dans l'établissement des faits et des preuves dans les litiges fiscaux.
En somme, la décision du Conseil d'État repose sur une interprétation stricte des règles de procédure et des éléments de preuve, affirmant que les moyens avancés par M. et Mme B ne suffisent pas à remettre en cause l'ordonnance de la cour administrative d'appel.