Résumé de la décision
M. et Mme B A ont contesté des suppléments d'impôt sur le revenu et des contributions sociales pour les années 2012, 2013 et 2014, totalisant 1 176 379 euros. Le tribunal administratif de Bordeaux a partiellement accueilli leur demande, déchargeant 409 465 euros, tandis que la cour administrative d'appel de Bordeaux a prononcé un non-lieu pour un dégrèvement de 1 708 euros et rejeté le reste des conclusions. M. et Mme A ont formé un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État, qui a décidé de ne pas admettre leur pourvoi, considérant que les moyens soulevés n'étaient pas de nature à permettre son admission.
Arguments pertinents
1. Erreurs de droit et dénaturation des faits : M. et Mme A ont soutenu que la cour administrative d'appel avait commis des erreurs de droit en écartant un moyen relatif à la procédure d'assistance administrative internationale, arguant que les demandes adressées aux autorités étrangères n'avaient pas été produites, rendant impossible la vérification de leur contenu. Le Conseil d'État a jugé que ce moyen n'était pas suffisant pour admettre le pourvoi.
2. Motivation des propositions de rectification : Ils ont également contesté la motivation des propositions de rectification, affirmant qu'elles ne mentionnaient pas la qualité de maître de l'affaire de M. A. Le Conseil d'État a considéré que ce moyen ne justifiait pas l'admission du pourvoi.
3. Intérêt des cadeaux : Les requérants ont soutenu que la cour n'avait pas examiné les éléments prouvant que les cadeaux faits par la société Groupe Avenue étaient dans son intérêt. Le Conseil d'État a estimé que ce moyen n'était pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.
4. Charge de la preuve : Enfin, ils ont contesté l'imputation de la charge de la preuve concernant la réalité des prestations fournies par la société Samoar, arguant que l'administration devait apporter des éléments pour contester la déductibilité des factures. Le Conseil d'État a jugé que ce moyen ne permettait pas non plus d'admettre le pourvoi.
Interprétations et citations légales
1. Article L.822-1 du code de justice administrative : Cet article stipule que "Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat fait l'objet d'une procédure préalable d'admission." Le Conseil d'État a appliqué cette disposition pour évaluer la recevabilité du pourvoi, en précisant que l'admission peut être refusée si le pourvoi est irrecevable ou sans moyen sérieux.
2. Article L.57 du livre des procédures fiscales : Cet article impose une exigence de motivation des propositions de rectification. Les requérants ont soutenu que les propositions ne respectaient pas cette exigence, mais le Conseil d'État a jugé que leur argumentation ne justifiait pas l'admission du pourvoi.
3. Charge de la preuve : Le Conseil d'État a rappelé que, selon la jurisprudence, il incombe à l'administration de prouver la réalité des faits qu'elle conteste. Cependant, il a estimé que les arguments des requérants ne suffisaient pas à établir une erreur dans l'appréciation de la cour.
En conclusion, le Conseil d'État a rejeté le pourvoi de M. et Mme A, considérant que les moyens soulevés n'étaient pas de nature à justifier son admission, conformément aux exigences posées par le code de justice administrative.