Résumé de la décision
Le syndicat des professionnels de l'animal familier, PRODAF, a demandé l'annulation des dispositions du I de l'article D. 214-32-4 du code rural et de la pêche maritime, introduites par le décret n° 2022-1012 du 18 juillet 2022, qui incluent les lagomorphes non destinés à la consommation humaine dans la catégorie des animaux de compagnie soumis à un certificat d'engagement et de connaissance. Le Conseil d'État a rejeté la requête, considérant que l'inclusion des lagomorphes dans cette obligation ne contrevient pas à l'objectif de lutte contre la maltraitance animale et que la lutte contre la maltraitance animale ne relève pas de la compétence exclusive de l'Union européenne.
Arguments pertinents
1. Inclusion des lagomorphes : Le Conseil d'État a affirmé que les lagomorphes, tels que les lapins, peuvent être considérés comme des animaux de compagnie au sens de l'article L. 214-6 du code rural et de la pêche maritime. L'inclusion de ces animaux dans le champ d'application du certificat d'engagement est conforme à l'objectif de prévention des achats impulsifs, qui peut mener à des situations de maltraitance.
> "L'inclusion, par les dispositions contestées, des lagomorphes non destinés à la consommation humaine dans le champ des animaux auxquels s'applique l'obligation [...] n'est pas contraire à l'objet de ces dispositions, destinées à lutter contre la maltraitance animale."
2. Absence de compétence exclusive de l'UE : Le Conseil d'État a également noté que la lutte contre la maltraitance animale ne relève pas des domaines de compétence exclusive de l'Union européenne, et que le syndicat requérant n'a pas démontré que les dispositions contestées étaient contraires à une norme de droit de l'Union.
> "La lutte contre la maltraitance animale ne relève pas des domaines dans lesquels l'Union européenne dispose d'une compétence exclusive."
Interprétations et citations légales
1. Article L. 214-6 du code rural et de la pêche maritime : Cet article définit ce qu'est un animal de compagnie, englobant tout animal détenu par l'homme pour son agrément. Cela inclut les lagomorphes, ce qui justifie leur inclusion dans les dispositions contestées.
> "On entend par animal de compagnie tout animal détenu ou destiné à être détenu par l'homme pour son agrément."
2. Article L. 214-8 du code rural et de la pêche maritime : Cet article impose un certificat d'engagement pour toute personne acquérant un animal de compagnie, ce qui vise à prévenir la maltraitance animale. Le Conseil d'État a souligné que cette obligation s'applique également aux lagomorphes, renforçant ainsi la protection de ces animaux.
> "Toute personne physique qui acquiert à titre onéreux ou gratuit un animal de compagnie signe un certificat d'engagement et de connaissance des besoins spécifiques de l'espèce."
3. Décret n° 2022-1012 du 18 juillet 2022 : Ce décret précise que les lagomorphes, en plus des chats et des chiens, sont soumis à l'obligation de certificat, ce qui est en ligne avec les objectifs de protection animale.
> "Les animaux de compagnie concernés par ce certificat sont les furets et les lagomorphes qui ne sont pas destinés à la consommation humaine."
En conclusion, le Conseil d'État a validé la légalité des dispositions contestées, considérant qu'elles s'inscrivent dans un cadre législatif visant à protéger les animaux de compagnie et à prévenir la maltraitance.