Résumé de la décision
M. C A, professeur des universités à l'université de Rouen, a contesté l'arrêté du 25 août 2022 par lequel la présidente de l'université Paris Cité a nommé M. D B au poste de professeur des universités n° 234 " Changement social et politique ". Le Conseil d'État a annulé cet arrêté, considérant qu'il était entaché d'illégalité en raison de l'annulation préalable d'une délibération défavorable à la candidature de M. A. Le Conseil a également ordonné à l'université Paris Cité de verser 3 000 euros à M. A au titre des frais de justice, tout en rejetant les autres conclusions de la requête.
Arguments pertinents
1. Illégalité de l'arrêté : Le Conseil d'État a constaté que l'arrêté du 25 août 2022 était illégal en raison de l'annulation de la délibération du 31 mars 2022, qui avait émis un avis défavorable sur la candidature de M. A. En conséquence, "la décision prise pour le recrutement sur ce poste est, par voie de conséquence, également entachée d'illégalité".
2. Injonction de reprise de procédure : Bien que M. A ait demandé une injonction pour reprendre la procédure de recrutement, le Conseil d'État a jugé qu'il n'y avait pas lieu de faire droit à cette demande, car la situation n'avait pas changé depuis la décision précédente. Le Conseil a précisé que "l'absence de l'intervention de circonstance de droit ou de fait nouvelle" justifiait ce refus.
3. Frais de justice : Le Conseil a décidé de mettre à la charge de l'université Paris Cité la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, en considérant que M. A n'était pas la partie perdante dans cette instance.
Interprétations et citations légales
1. Code de l'éducation : Le recrutement des professeurs des universités est régi par le décret n° 84-431 du 6 juin 1984, qui fixe les dispositions statutaires communes. L'article 46 de ce décret précise les modalités de recrutement, tandis que l'article 9-3 permet des adaptations pour les candidats en situation de handicap.
2. Code de justice administrative - Article L. 761-1 : Cet article stipule que "les frais exposés par une partie dans une instance sont à la charge de la partie qui perd". Dans cette décision, le Conseil d'État a appliqué cet article pour ordonner le versement de 3 000 euros à M. A, considérant qu'il n'était pas la partie perdante.
3. Conséquence de l'annulation : Le Conseil d'État a souligné que l'annulation de la délibération du conseil d'administration entraînait automatiquement l'illégalité de l'arrêté de nomination. Cela illustre le principe selon lequel "toute décision administrative doit être fondée sur une base légale et conforme aux procédures établies".
En somme, cette décision du Conseil d'État met en lumière l'importance du respect des procédures de recrutement dans les établissements d'enseignement supérieur, ainsi que les droits des candidats, notamment ceux en situation de handicap.