Résumé de la décision
Le Conseil d'État a examiné deux requêtes présentées par le syndicat national des pharmaciens praticiens hospitaliers et praticiens hospitaliers universitaires (SNPHPU) et le syndicat Alliance-Hôpital SNAM-HP et CMH. Les requêtes visaient à annuler, pour excès de pouvoir, le décret n° 2022-1252 du 23 septembre 2022 relatif à la prime d'enseignement supérieur et de recherche, ainsi que les arrêtés ministériels du même jour et du 26 décembre 2022 qui fixaient les taux de cette prime. Le Conseil d'État a rejeté les deux requêtes, considérant que les syndicats ne pouvaient pas établir que les dispositions contestées méconnaissaient le principe d'égalité.
Arguments pertinents
1. Principe d'égalité : Le Conseil d'État a souligné que le principe d'égalité ne s'applique qu'entre les agents d'un même corps, sauf si la norme en cause s'étend à plusieurs corps. En l'espèce, les professeurs des universités-praticiens hospitaliers et les maîtres de conférences des universités-praticiens hospitaliers sont considérés comme des corps distincts. Par conséquent, les syndicats ne peuvent pas soutenir que la prime d'enseignement supérieur est moins favorable que l'indemnité d'autres corps d'enseignants-chercheurs.
> "Dès lors que les professeurs des universités-praticiens hospitaliers et les maîtres de conférences des universités-praticiens hospitaliers constituent des corps distincts des autres corps d'enseignants-chercheurs des universités, les syndicats requérants ne peuvent utilement soutenir que, du fait de son montant et de ses modalités d'attribution, la prime d'enseignement supérieur qui leur est attribuée [...] serait moins favorable."
2. Rejet des moyens d'annulation : Le Conseil d'État a également rejeté le moyen selon lequel l'annulation du décret et de l'arrêté du 23 septembre 2022 entraînerait celle de l'arrêté du 26 décembre 2022, en raison de l'absence de fondement juridique pour les requêtes.
> "Il en va de même, dès lors, du moyen tiré de ce que l'annulation du décret et de l'arrêté du 23 septembre 2022 [...] implique celle de l'arrêté du 26 décembre 2022."
Interprétations et citations légales
1. Application du principe d'égalité : Le Conseil d'État a interprété le principe d'égalité en se basant sur la distinction entre les corps de fonctionnaires. Cela signifie que les différences de traitement entre les agents de différents corps peuvent être justifiées si elles reposent sur des critères objectifs.
> "Le principe d'égalité n'est en principe susceptible de s'appliquer qu'entre les agents appartenant à un même corps, sauf à ce que la norme en cause ne soit, en raison de son contenu, pas limitée à un même corps ou à un même cadre d'emplois de fonctionnaires."
2. Références légales : Les décisions se fondent sur plusieurs textes, notamment le Code de l'éducation et divers décrets relatifs aux fonctionnaires. Par exemple, le décret n° 2021-1895 du 29 décembre 2021 est mentionné pour établir le cadre indemnitaire des personnels enseignants et chercheurs.
> "Il y a lieu de joindre ces deux requêtes pour statuer par une seule décision."
En conclusion, le Conseil d'État a statué en faveur de l'État, confirmant la légalité des décrets et arrêtés contestés, tout en précisant les limites du principe d'égalité dans le cadre des corps de fonctionnaires.