Résumé de la décision
M. B..., professeur des universités à Limoges, a demandé une mutation prioritaire pour rapprochement de conjoint vers l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Sa demande a été examinée par le conseil académique de Paris 1, qui a initialement décidé que toutes les candidatures seraient traitées par le comité de sélection. Après des objections de M. B..., le conseil a réexaminé sa demande mais l'a finalement rejetée, estimant que son profil ne correspondait pas suffisamment aux exigences du poste ouvert. M. B... a alors saisi le juge des référés du Conseil d’Etat pour suspendre cette décision. Cependant, sa requête a été rejetée car le juge n’a pas trouvé de doute sérieux quant à la légalité de la décision en question.
Arguments pertinents
1. Compétence du conseil académique : Le conseil académique a exercé son pouvoir d'évaluation en déterminant que les priorités de mutations doivent être équilibrées en termes de thématiques enseignées. Son choix de renvoyer M. B... à la procédure de sélection de droit commun pour un poste dont le contenu était distinct des spécialités de M. B... est décrit comme justifié. La décision a également été considérée comme suffisamment motivée.
> "L'avis attaqué, suffisamment motivé, qui ne porte pas sur les mérites scientifiques non contestés du candidat, est justifié par l'intérêt du service universitaire."
2. Évaluation des correspondances de profil : Bien que M. B... présente des compétences scientifiques indiscutables, les raisons du rejet de sa demande de mutation reposent sur le fait que ses expériences et ses spécialités étaient principalement orientées vers la culture, et non vers les thématiques sociales explicitement requises pour le poste.
> "La thématique dominante des enseignements assurés par M. B... était… fortement marquée par la sociologie de la culture."
3. Absence de doute sérieux : Le juge a déterminé qu’aucun des moyens soulevés par M. B... ne soulevait de doute sérieux quant à la légalité de la décision du conseil académique. La légalité de son appréciation a donc été confirmée.
> "Il n'apparaît donc pas que l'appréciation de la situation du requérant vis-à-vis du poste mis au recrutement soit inexacte."
Interprétations et citations légales
1. Article L. 521-1 du code de justice administrative : Ce texte stipule que le juge des référés peut suspendre l'exécution d'une décision administrative si l'urgence est justifiée et qu'il existe un doute sérieux sur la légalité de cette décision.
> "Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés...peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision..."
2. Décret n° 84-431 du 6 juin 1984 (Article 9-3) : Ce texte précise que le conseil académique doit examiner les mutations et détachements prioritaires sans que ces candidatures soient examinées par le comité de sélection, sauf si l'avis du conseil d'administration est défavorable, ce qui montre la nécessité d'un examen basé sur les priorités des candidatures.
> "Le conseil académique... examine les candidatures à la mutation et au détachement des personnes qui remplissent les conditions prévues...sans examen par le comité de sélection."
3. Loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 (Article 60) : Cet article souligne que les affectations doivent respecter, autant que possible, les demandes des intéressés et tenir compte de leur situation familiale, renforçant ainsi l'importance du rapprochement des conjoints tout en laissant une certaine latitude à l'administration pour évaluer la conformité des profils aux postes à pourvoir.
> "Dans toute la mesure compatible avec le bon fonctionnement du service, les affectations prononcées doivent tenir compte des demandes formulées par les intéressés.... Priorité est donnée aux fonctionnaires séparés de leur conjoint pour des raisons professionnelles."
Ces éléments juridiques sont essentiels pour comprendre le cadre dans lequel la demande de M. B... a été analysée et pour interpréter la décision de rejet du juge.