Résumé de la décision
Mme A B a saisi le tribunal administratif de Nantes pour contester la décision du ministre chargé du budget qui avait refusé de majorer sa pension au titre des enfants de son concubin. Le tribunal a rejeté sa demande par une ordonnance du 20 septembre 2022. Mme B a ensuite formé un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État, qui a été transmis par le tribunal administratif. Cependant, le greffe du Conseil d'État a demandé à Mme B de régulariser son pourvoi en raison de l'absence de ministère d'avocat. N'ayant pas régularisé son pourvoi dans le délai imparti, celui-ci a été déclaré irrecevable par le Conseil d'État.
Arguments pertinents
1. Obligation de ministère d'avocat : Le Conseil d'État a souligné que, selon l'article R. 821-3 du code de justice administrative, le ministère d'un avocat au Conseil d'État est obligatoire pour l'introduction des recours en cassation, sauf pour les décisions des juridictions de pension. Dans ce cas, le pourvoi de Mme B, qui visait une ordonnance du tribunal administratif, était soumis à cette obligation.
2. Régularisation du pourvoi : Le Conseil d'État a noté que Mme B avait été invitée à régulariser son pourvoi dans un délai d'un mois, conformément à l'article R. 612-1 du même code. Le non-respect de cette demande a conduit à l'irrecevabilité du pourvoi.
3. Irrecevabilité manifeste : En vertu de l'article R. 822-5 du code de justice administrative, le Conseil d'État a conclu que le pourvoi était irrecevable en raison de l'absence de ministère d'avocat, ce qui ne pouvait pas être régularisé en cours d'instance.
Interprétations et citations légales
1. Article L. 822-1 du code de justice administrative : Cet article stipule que "Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat fait l'objet d'une procédure préalable d'admission." Cela signifie que le Conseil d'État doit d'abord vérifier la recevabilité du pourvoi avant de l'examiner sur le fond.
2. Article R. 821-3 du code de justice administrative : Il précise que "Le ministère d'un avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation est obligatoire pour l'introduction, devant le Conseil d'Etat, des recours en cassation." Cette obligation est cruciale pour la recevabilité des pourvois, et son non-respect entraîne l'irrecevabilité.
3. Article R. 612-1 du code de justice administrative : Cet article indique que "La demande de régularisation mentionne que, à défaut de régularisation, les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables." Cela souligne l'importance de la régularisation pour la poursuite de la procédure.
4. Article R. 822-5 du code de justice administrative : Il stipule que "Lorsque le pourvoi est irrecevable pour défaut de ministère d'avocat ou entaché d'une irrecevabilité manifeste non susceptible d'être couverte en cours d'instance, le président de la chambre peut décider par ordonnance de ne pas l'admettre." Cela a été appliqué dans le cas de Mme B, entraînant le rejet de son pourvoi.
En conclusion, la décision du Conseil d'État repose sur des principes clairs concernant la nécessité d'un avocat pour les recours en cassation et les conséquences de l'irrecevabilité due à l'absence de régularisation.