Résumé de la décision
Mme B A, ressortissante ivoirienne, a contesté un arrêté du préfet de police du 2 juin 2023, qui décidait de son transfert aux autorités italiennes pour l'examen de sa demande d'asile. Le tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande d'annulation par un jugement du 24 juillet 2023. En appel, le préfet de police a soutenu qu'il n'y avait plus lieu de statuer sur la requête de Mme A, car celle-ci avait été admise à déposer une demande d'asile en France le 22 décembre 2023, ce qui avait implicitement abrogé l'arrêté de transfert. La Cour a donc ordonné qu'il n'y avait pas lieu de statuer sur les conclusions de Mme A, considérant que sa situation avait évolué et que les demandes étaient devenues sans objet.
Arguments pertinents
1. Non-lieu à statuer : La Cour a constaté que l'arrêté de transfert n'était plus exécutoire, car Mme A avait été admise à déposer une demande d'asile en France. Cela a conduit à l'abrogation implicite de l'arrêté de transfert, rendant les conclusions de la requête sans objet. La Cour a affirmé : "les conclusions de la requête de Mme A aux fins d'annulation, d'injonction et d'astreinte sont devenues sans objet et il n'y a plus lieu d'y statuer."
2. Absence de condamnation : La Cour a également décidé qu'il n'y avait pas lieu de mettre à la charge de l'État le versement d'une somme au titre des frais d'avocat, en raison de l'évolution de la situation de Mme A.
Interprétations et citations légales
1. Article R. 222-1 du code de justice administrative : Cet article permet aux présidents de cour administrative d'appel de constater qu'il n'y a pas lieu de statuer sur une requête. La Cour a appliqué cette disposition pour conclure à l'absence de nécessité de statuer sur les demandes de Mme A, en raison de l'évolution de sa situation.
2. Règlement (UE) n° 604/2013 : Ce règlement, connu sous le nom de règlement de Dublin, régit les critères et mécanismes de détermination de l'État membre responsable de l'examen d'une demande d'asile. La décision de transfert initiale du préfet de police était fondée sur ce règlement, mais l'admission ultérieure de Mme A à déposer une demande d'asile en France a modifié la situation juridique.
3. Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : Les dispositions de ce code régissent les droits des demandeurs d'asile en France. L'admission de Mme A à déposer une demande d'asile en procédure normale a été déterminante pour l'abrogation de l'arrêté de transfert.
En conclusion, la décision de la Cour administrative d'appel de Paris repose sur l'évolution de la situation de Mme A, qui a conduit à l'abrogation de l'arrêté de transfert et à la constatation qu'il n'y avait plus lieu de statuer sur ses demandes.